À quelques jours du démarrage des examens nationaux, la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) a dressé le bilan de l’année scolaire 2025-2026 et formulé plusieurs recommandations pour améliorer durablement le système éducatif sénégalais. Dans un communiqué publié ce jeudi 11 juin, l’organisation souligne que l’année a été marquée à la fois par un « démarrage stable » et un « déroulement tumultueux » ponctué par 150 heures de grève.
Pour la COSYDEP, la signature d’un premier protocole d’accord entre l’État et les syndicats d’enseignants constitue néanmoins une preuve que « le dialogue reste notre meilleur outil ». L’organisation rappelle que le système éducatif entre désormais dans une phase décisive avec la tenue des examens du Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE) à partir du 17 juin, du Baccalauréat général le 30 juin et du Brevet de fin d’études moyennes (BFEM) le 21 juillet.
La coalition relève également que ces évaluations se déroulent dans un contexte particulier marqué par plusieurs événements majeurs, notamment la Coupe du monde de football, la célébration de la Journée de l’enfant africain et la perspective de l’échéance des Objectifs de développement durable (ODD) en 2030.
Face à ces enjeux, la COSYDEP insiste sur la nécessité de garantir des conditions optimales aux candidats. « Offrir un environnement serein, une concentration optimale à nos candidats et une mobilisation exceptionnelle de la communauté demeurent une priorité absolue », affirme-t-elle.
Au-delà de la réussite des examens, l’organisation appelle à une réflexion approfondie sur trois défis majeurs. Le premier concerne l’impact des tensions sociopolitiques sur les apprentissages. Selon la COSYDEP, « le cycle électoral permanent génère des rivalités qui perturbent l’équilibre psychologique des élèves, impactant directement leurs performances », d’où la nécessité de préserver l’école de ces influences.
Le deuxième défi porte sur l’amélioration de l’efficacité du système éducatif. S’appuyant sur les données du Rapport d’État du système éducatif national (RESEN 2012-2022), la coalition constate une évolution irrégulière des résultats aux examens. Les taux de réussite au baccalauréat sont ainsi passés de 51,54 % en 2023 à 50,50 % en 2024 puis à 47,72 % en 2025. Les résultats du BFEM et du CFEE ont également connu des fluctuations importantes au cours de la même période.
Enfin, la COSYDEP plaide pour une « refondation méthodique du secteur » fondée sur une approche holistique, inclusive et concertée. Elle estime que les expériences antérieures, notamment les États généraux de l’éducation et de la formation (EGEF), la Concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur (CNAES) et les Assises nationales de l’éducation et de la formation (ANEF), doivent servir de base à la construction d’un consensus national sur l’éducation.
« L’enjeu principal est de construire un consensus national en faveur de politiques éducatives qui traversent les régimes politiques et renforcent le dialogue des offres éducatives », souligne le communiqué. Une telle ambition implique, selon la coalition, de repenser les finalités de l’école, les curricula, les systèmes d’évaluation et d’orientation, le statut de l’enseignant, la gouvernance ainsi que la résilience globale du système éducatif.
Convaincue que l’éducation doit être placée « au-dessus des contingences politiques et conjoncturelles », la COSYDEP estime que le Sénégal dispose des atouts nécessaires pour bâtir un système éducatif « résilient, inclusif et performant », capable de préparer les jeunes générations aux défis du développement durable.


