L’Université Gaston Berger (UGgb) de Saint-Louis a lancé, lundi, les « 72 heures de l’efficacité énergétique », une initiative portée par le Département de Physique appliquée de l’Ufr Sciences appliquées et technologies (Sat), visant à promouvoir un modèle de campus durable et économe en énergie.
Durant trois jours, enseignants-chercheurs, étudiants, experts et partenaires institutionnels, dont l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (AEME) et l’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER), échangent sur les solutions de réduction de la consommation énergétique dans les établissements universitaires.
Selon les organisateurs, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de transformation des campus en espaces plus durables, face à la hausse des coûts énergétiques supportés par les universités publiques.
Pour le Pr Amsata Ndiaye, enseignant-chercheur au Département de Physique appliquée de l’UGB, l’objectif est de faire du campus de Saint-Louis un modèle reproductible au niveau national.
« Notre objectif est de faire de l’UGB un modèle à dupliquer dans les autres campus universitaires et, à terme, dans les structures administratives et de formation du pays », a-t-il déclaré.
Il a souligné que l’université mise sur la recherche, la formation et l’innovation pour réduire progressivement sa dépendance énergétique, dans un contexte de fortes contraintes budgétaires liées aux factures d’électricité.
L’UGB a déjà engagé plusieurs actions, notamment la participation des étudiants à la mise en place d’infrastructures énergétiques, dont des mini-centrales destinées aux travaux pratiques et une centrale solaire de 100 kWh avec capacité de stockage.
Par ailleurs, un programme d’audits énergétiques a permis d’évaluer plusieurs bâtiments administratifs et académiques, dont le rectorat et certaines UFR, afin d’identifier les sources de gaspillage et proposer des mesures correctives.
Au-delà des solutions techniques, les responsables insistent sur la nécessité d’un changement de comportement dans la gestion de l’énergie au sein du campus.
« Le gaspillage ne concerne pas uniquement les étudiants. Dans les bureaux administratifs aussi, il existe des pertes importantes », a relevé le Pr Ndiaye.
Dans cette perspective, l’UGB envisage d’expérimenter des coupures volontaires de quinze minutes afin d’évaluer leur impact sur la consommation et les habitudes des usagers.
Présente à la cérémonie d’ouverture, la directrice générale de l’AEME, Mame Coumba Ndiaye, a salué l’initiative, soulignant son alignement avec les missions de son agence.
Elle a indiqué que l’AEME accompagne les administrations publiques à travers des programmes de digitalisation et de gestion intelligente de l’énergie dans les bâtiments publics.
L’agence prévoit également des actions de sensibilisation à Saint-Louis, ainsi que la mise en place d’un réseau de femmes ambassadrices de l’efficacité énergétique dans le cadre du projet « Yakhna l’énergie ».


