L’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis accueille depuis ce 9 juin les 72 heures de l’efficacité énergétique, une initiative portée par le Département de Physique appliquée de l’UFR Sciences Appliquées et Technologies (SAT). Pendant trois jours, enseignants-chercheurs, étudiants, experts et partenaires institutionnels échangent autour des solutions permettant de réduire la consommation énergétique des campus universitaires et de promouvoir un modèle durable, reproductible dans l’ensemble des établissements publics du Sénégal.
L’efficacité énergétique s’impose désormais comme une priorité stratégique pour les universités sénégalaises. C’est dans cette perspective que l’Université Gaston Berger de Saint-Louis a lancé les 72 heures de l’efficacité énergétique, un cadre de réflexion et de sensibilisation réunissant plusieurs établissements d’enseignement supérieur, ainsi que des structures spécialisées telles que l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (AEME) et l’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER).
Pour le Pr Amsata Ndiaye, enseignant-chercheur au Département de Physique appliquée de l’UGB, l’ambition est claire : faire du campus de Saint-Louis une référence nationale en matière de gestion rationnelle de l’énergie.
« Notre objectif est de faire de l’UGB un modèle à dupliquer dans les autres campus universitaires et, à terme, dans les structures administratives et de formation du pays », explique-t-il.
Face à des factures d’électricité de plus en plus lourdes pour les universités, la recherche de solutions alternatives devient une nécessité. Selon le chercheur, l’établissement mise sur la recherche, la formation et l’innovation pour réduire sa dépendance énergétique.
« Nous faisons des efforts pour nous autonomiser progressivement afin de nous affranchir d’une partie de la facture d’électricité et aller vers une utilisation plus efficiente de l’énergie », souligne-t-il.
L’UGB dispose déjà d’atouts importants. Grâce à l’expertise locale et à l’accompagnement de partenaires techniques, les étudiants participent directement à la conception et à l’installation d’infrastructures énergétiques. Parmi les réalisations figurent des mini-centrales destinées à alimenter les laboratoires de travaux pratiques ainsi qu’une centrale solaire de 100 kWh avec une capacité de stockage équivalente, conçue dans le cadre de la formation.
L’université a également engagé un vaste programme d’audits énergétiques. Plusieurs bâtiments stratégiques, dont l’UFR Lettres et Sciences humaines, le rectorat et d’autres infrastructures académiques, ont déjà été évalués afin d’identifier les sources de gaspillage et de proposer des mesures correctives.
Au-delà des investissements technologiques, les organisateurs insistent sur la nécessité d’un changement de comportement. Selon le Pr Ndiaye, les habitudes de consommation constituent un défi majeur. « Le gaspillage ne concerne pas uniquement les étudiants. Dans les bureaux administratifs aussi, il existe des pertes importantes, souvent liées à une méconnaissance des bonnes pratiques », affirme-t-il.
Dans cette dynamique, l’UGB envisage d’expérimenter des blackouts volontaires de quinze minutes, une initiative inspirée des recommandations de l’AEME afin d’évaluer leur impact sur les comportements et sur la consommation globale du campus.
Présente à la cérémonie d’ouverture, la directrice générale de l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie, Mame Coumba Ndiaye, a salué l’engagement de l’université.
Jeanne SAGNA (Correspondante)


