Représentant le chef de l’État lors de la présentation officielle des résultats du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la Confemen (Pasec 2024), hier à Dakar, le directeur de cabinet du président de la République, le Pr Mary Teuw Niane, a annoncé l’engagement de Bassirou Diomaye Faye à plaider pour un financement plus soutenu de l’évaluation des apprentissages. Il a mis en avant le rôle du programme dans l’amélioration des politiques éducatives et rappelé les réformes engagées au Sénégal.
Le Sénégal entend faire de l’évaluation des apprentissages un instrument de souveraineté éducative et un levier de transformation de son système d’enseignement. Ce message a été porté, hier, à Dakar, par le directeur de cabinet du président de la République, le Pr Mary Teuw Niane, à l’occasion de la présentation officielle des résultats du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (Pasec 2024). Représentant le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, il a réaffirmé l’importance des données scientifiques dans la conduite des politiques publiques et annoncé un engagement présidentiel en faveur du financement des évaluations. « Une évaluation n’a de valeur que si ses données et ses analyses deviennent des décisions », a-t-il déclaré. Pour le Pr Mary Teuw Niane, le Pasec ne saurait se limiter à la production de statistiques sur les performances scolaires. Il doit permettre aux gouvernements de mieux cerner les difficultés rencontrées par les élèves et de mesurer les progrès accomplis. « Passer de la donnée à la décision, voilà ce que le Pasec rend possible », a-t-il insisté.
Le représentant du chef de l’État a salué les efforts déployés depuis 1991 par la Confemen pour accompagner ses pays membres dans l’évaluation de leurs systèmes éducatifs. Il a également souligné le travail méthodique des équipes nationales. À ses yeux, l’expertise acquise au fil des années confère au programme une portée qui dépasse le seul cadre technique. « Il est fondamentalement un outil enraciné dans nos réalités politiques, sociales et pédagogiques, voire un outil de souveraineté éducative au service de décisions justes et éclairées », a-t-il affirmé.
Cette reconnaissance s’accompagne d’un engagement au plus haut niveau de l’État sénégalais. Selon le Pr Mary Teuw Niane, le Président Bassirou Diomaye Faye soutiendra les initiatives destinées à renforcer le Pasec et à conforter sa place parmi les instruments de référence des systèmes éducatifs africains. Le chef de l’État a notamment accepté de porter auprès de ses pairs un plaidoyer en faveur d’un financement plus soutenu de l’évaluation des apprentissages.
Le directeur de cabinet a précisé que ce plaidoyer serait défendu dans les instances régionales, notamment au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Il a également appelé l’Union africaine, les organisations sous-régionales et les partenaires au développement à soutenir davantage les politiques éducatives fondées sur des données probantes.
L’éducation au cœur de Sénégal 2050
Évoquant les orientations nationales, le Pr Mary Teuw Niane a inscrit cette ambition dans l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, dont le pilier consacré au capital humain et à la justice sociale fait de l’éducation et de la formation professionnelle des priorités. « Une société juste et prospère est une société qui investit sans relâche dans son capital humain », a-t-il soutenu. Il a estimé que le potentiel de la jeunesse africaine ne pourrait se traduire en développement qu’à travers des investissements judicieux dans les écoles et les centres de formation. « Ce dividende ne se décrète pas, il se construit », a-t-il résumé.
Dans cette perspective, le représentant du chef de l’État a présenté plusieurs chantiers engagés par le gouvernement sénégalais. Il a cité la réécriture des curricula afin d’accorder une plus grande place aux mathématiques, aux sciences, aux technologies, au numérique et à l’intelligence artificielle. Il a également évoqué le renforcement de l’enseignement des langues nationales à travers le modèle harmonisé d’enseignement bilingue, dans le but de mieux ancrer les apprentissages dans les réalités linguistiques et culturelles du pays.
Parmi les autres mesures mentionnées figurent l’initiative Nithé, lancée en janvier 2025, et la suppression du concours d’entrée en sixième, présentée comme un moyen de favoriser une continuité plus équitable du cycle fondamental. Le Pr Mary Teuw Niane est également revenu sur les assises nationales des daaras, destinées à moderniser l’enseignement coranique et à améliorer les perspectives d’insertion des talibés, ainsi que sur les réformes engagées dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation.
Il a cité, en outre, la réforme du calendrier de versement des bourses universitaires et l’élargissement de l’offre de formation professionnelle et technique grâce à la création de nouveaux centres et instituts supérieurs. Ces initiatives doivent permettre aux jeunes, quel que soit leur lieu de résidence, d’accéder à des parcours de formation adaptés. « Voilà ce que signifie pour nous faire de l’éducation nationale une priorité, non pas un slogan, mais un engagement », a-t-il souligné.
Le Pr Mary Teuw Niane a enfin établi un parallèle entre la présentation des résultats du Pasec 2024 et les Jeux olympiques de la jeunesse (Joj), que le Sénégal accueille à partir du 31 octobre. Deux rendez-vous différents, mais portés, selon lui, par une même ambition : préparer une jeunesse « éduquée, formée et outillée » pour relever les défis de son époque. Il a rappelé que les enseignants et les élèves restent les premiers concernés par les résultats des évaluations, dont la finalité est de rendre l’école plus juste et plus efficace.
Il a également insisté sur la nécessité de rapprocher les outils d’évaluation des réalités quotidiennes des établissements scolaires. Les résultats doivent, a-t-il rappelé, éclairer les choix des pouvoirs publics et bénéficier directement aux élèves. Le gouvernement sénégalais examinera par ailleurs, avec le secrétaire général de la Confemen, les possibilités d’accompagner l’institution dans la recherche d’un cadre de travail adapté à l’élargissement de ses missions et de ses équipes. Pour le représentant du chef de l’État, les travaux de Dakar devront déboucher sur des recommandations réalistes et applicables, afin que les résultats du Pasec se traduisent par des améliorations concrètes dans les salles de classe.
Par Daouda DIOUF

