Suite au protocole d’accord signé avec le gouvernement, les syndicats d’enseignants du G7 se sont engagés à rattraper le retard accumulé sur le quantum horaire afin de sauver l’année scolaire. Le déficit est estimé à environ 150 heures.
Le compromis arraché au terme d’un long processus de négociations entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants réunis au sein du G7 ouvre la voie à la reprise des enseignements et au sauvetage in extremis de l’année scolaire. En signant le protocole d’accord avec le gouvernement, le G7 scelle la fin d’une crise marquée par plusieurs mois de grèves et de tensions.
Sur le plan pédagogique, les syndicats se veulent rassurants. Malgré le temps perdu (150 heures), les enseignants s’engagent à redoubler d’efforts pour rattraper le retard. « Nous allons le rattraper pour accompagner les élèves », a assuré Moustapha Signane, secrétaire général du Syndicat national des enseignants en langue arabe du Sénégal (Snems).
Sémou Ndao, secrétaire général du Syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’éducation nationale du Sénégal (Siens), s’est inscrit dans la même veine, précisant qu’« aucun enseignant n’a du plaisir à tourner le dos à ses élèves ». Le remplaçant de El Cantara à la tête des inspecteurs de l’éducation a tenu à réitérer l’engagement des enseignants à sauver l’année.
Il a souligné que ces derniers restent des « militants de l’école ». Il a saisi l’occasion pour inviter le gouvernement à être proactif en anticipant souvent sur certaines questions qui peuvent perturber le déroulement de l’année scolaire.
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Pour El Hadj Malick Youm du Saemss, l’accord signé, le jeudi 16 avril 2026, avec le gouvernement dépasse le cadre corporatiste et renvoie à l’avenir même de la nation. Citant le philosophe John Dewey, il a rappelé que « l’éducation est le moteur du développement » et que « l’école n’est pas la préparation à la vie, mais la vie ».
Dans cette perspective, il a souligné que le combat syndical mené vise avant tout « le bien de la République », insistant sur le rôle central de l’école comme « vaisseau de la République ».
Pour Amidou Diédhiou du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), cette issue consacre avant tout l’engagement des enseignants, qu’il a tenu à saluer en rappelant les conditions parfois laborieuses dans lesquelles certains d’entre eux travaillent à l’intérieur du pays. Il a également salué « la perspicacité, l’engagement, la flexibilité et l’esprit d’ouverture des ministres » qui ont conduit les négociations, notamment ceux en charge de l’Éducation nationale, de la Fonction publique et des Finances.
Au-delà de la signature, les syndicats restent toutefois vigilants sur la mise en œuvre effective des engagements. Le souvenir des accords non respectés continue de nourrir des inquiétudes. « Nous avons souffert par le passé du non-respect des accords signés », a rappelé M. Diédhiou, demandant au Premier ministre d’être le « garant en personne » du suivi, afin d’assurer la crédibilité du processus.
Daouda DIOUF

