Pour mieux répondre aux exigences de l’Accord de Paris sur le climat, le Sénégal a lancé, mercredi 22 juillet, un projet pour renforcer ses capacités techniques, institutionnelles et humaines, mais aussi son cadre de transparence. D’une durée de trois ans, il sera mis en œuvre par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue).
Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique a lancé, hier, mercredi 22 juillet, au lancement le « Projet de renforcement des capacités du Sénégal pour se conformer au cadre de transparence renforcée (Cbit-Sénégal). Cette démarche s’inscrit dans la dynamique de la mise en œuvre des engagements du pays dans le cadre l’Accord de Paris sur le climat.
Il s’agit, selon Madeleine Diouf Sarr, directrice du Changement climatique, de la transition écologique et du financement vert, « d’une disposition qui oblige les pays à rendre compte du niveau de mise en œuvre de leur engagement ». « Les Nations unies luttent contre les changements climatiques. Il faut donc qu’elles puissent suivre ce que font les pays et voir comment ceux qui sont développés, qui ont une responsabilité historique dans ce phénomène, accompagnent les pays en développement pour faire face aux impacts des changements climatiques », a-t-elle soutenu.
Le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Bouré Diouf, d’ajouter que le lancement de ce projet marque une étape importante dans le renforcement de l’architecture nationale de gouvernance climatique. « Il traduit la volonté du Sénégal de disposer d’un système moderne, intégré et durable de production, de gestion et de diffusion des données climatiques, conformément aux exigences de l’Accord de Paris », a-t-il fait savoir. M. Diouf a rappelé que le Sénégal a ratifié la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, le Protocole de Kyoto ainsi que l’Accord de Paris, « traduisant ainsi sa volonté de contribuer pleinement à l’effort mondial de lutte contre les changements climatiques ».
Depuis lors, a-t-il rappelé, le pays n’a cessé de renforcer son engagement. « Le Sénégal a élaboré trois Communications nationales, un Rapport biennal actualisé, soumis sa Contribution déterminée au niveau national et procédé récemment à la validation technique de la Cdn 3.0, fruit d’un important processus participatif ayant mobilisé l’ensemble des secteurs concernés », a mentionné le directeur de cabinet, représentant le ministre de l’Environnement, Aliou Gori Diouf. À en croire Bouré Diouf, « ces avancées traduisent la volonté constante du Sénégal d’inscrire son action climatique dans une démarche de responsabilité, de transparence et d’amélioration continue».
Toutefois, a-t-il reconnu, «une politique climatique efficace ne peut être conduite sans disposer de données fiables, harmonisées, régulièrement mises à jour et accessibles ». Selon lui, « sans données robustes, il est difficile d’évaluer les progrès accomplis, de convaincre les bailleurs de fonds et de démontrer l’efficacité des investissements consentis ». C’est précisément pour répondre à cette exigence que l’Accord de Paris a institué, à travers son article 13, le Cadre de transparence renforcée.
« Pour le Sénégal, ce Cadre représente bien plus qu’une exigence internationale ; il constitue un outil stratégique au service du développement. Il permettra de renforcer la planification nationale, d’améliorer le suivi des politiques climatiques, de disposer d’informations fiables pour la prise de décision et de valoriser les efforts consentis auprès de la communauté internationale », a souligné Dr Diouf.
Financé par le Fonds mondial (Fem) pour l’environnement à hauteur d’un million de dollars (environ 575 millions de FCfa) et exécuté par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), ce projet va durer trois ans.
Ndiol Maka SECK

