Depuis le début du mois de juillet, Dakar enregistre de faibles précipitations. Si l’hivernage est encore en cours, cette situation retarde l’alimentation des nappes phréatiques, essentielles à l’alimentation en eau et à l’équilibre des écosystèmes. Le directeur de la Gestion et de la planification des ressources en eau (Dgpre), Bakary Faty, invite à la vigilance.
Les faibles précipitations, enregistrées depuis le début du mois de juillet dans la région de Dakar, sont suivies de près par les spécialistes des ressources en eau. Si le déficit pluviométrique n’est pas encore synonyme de crise, il pourrait néanmoins ralentir l’aprovisionnement des nappes phréatiques qui dépendent directement des pluies pour leur renouvellement. Joint par téléphone, le directeur de la Gestion et de la planification des ressources en eau (Dgpre), Bakary Faty, explique que les premières ressources touchées sont les nappes superficielles. « Toutes les nappes superficielles dépendent des apports pluviométriques », a-t-il souligné. M. Faty de citer particulièrement la nappe des sables quaternaires de Thiaroye, qui s’étend dans la zone des Niayes et dont le niveau dépend largement de la pluviométrie. Pour suivre l’évolution de ces réserves stratégiques, la Dgpre met en place des mesures régulières sur un réseau de piézomètres installés dans plusieurs localités. « Ces données montrent clairement une hausse du niveau de la nappe de 0,5 à 1 mètre durant la saison pluvieuse », a précisé son directeur. Cette recharge naturelle explique également les remontées de nappes qui favorisent parfois des inondations précoces dans plusieurs quartiers de la banlieue dakaroise.
Ce responsable du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement estime toutefois que le véritable défi dépasse le seul retard des pluies. Dans les Niayes, les ressources souterraines sont soumises à une pression de plus en plus importante, sous l’effet des prélèvements destinés à l’alimentation des populations, au maraîchage et à d’autres usages économiques. « Aujourd’hui, les données dont nous disposons montrent que, dans la zone des Niayes, les nappes baissent de 0,6 à 1 mètre par an », a-t-il révélé. Cette baisse est attribuée « à la relative rareté des pluies, à l’exploitation intensive par les maraîchers et à des techniques d’irrigation inadaptées, provoquant beaucoup de gaspillage d’eau ».
Selon Bakary Faty, le déficit pluviométrique combiné à la surexploitation constitue une menace pour la durabilité de la ressource. « Si la raréfaction des pluies se poursuit et se conjugue à la forte pression exercée sur ces ressources, aucun investissement dépendant de l’utilisation de ces nappes ne sera plus durable », a-t-il averti. À long terme, prévient le Dg de la Dgpre, « cette situation pourrait conduire à une faillite hydrique si aucune mesure de gestion, de préservation et d’adaptation n’est mise en œuvre ». La Dgpre estime que les semaines à venir seront déterminantes.
Une reprise significative des pluies permettrait d’améliorer la recharge des nappes. À défaut, la pression sur les ressources souterraines de Dakar et des Niayes pourrait s’accentuer.
Babacar Guèye DIOP

