Au cœur des forêts tropicales du village de Djibélor, non loin de Ziguinchor, une ferme à crocodiles attire encore la curiosité des visiteurs. En dépit d’une baisse de fréquentation, ce site est un lieu fascinant où cohabitent tourisme et conservation.
DJIBÉLOR – À Djibélor, la nature impose d’abord le silence. Sous le couvert dense des arbres tropicaux, les chants d’oiseaux dominent l’atmosphère. Cette ambiance confère à ce site un air de refuge paisible. Ici, la forêt semble protéger un secret : une ferme à crocodiles nichée loin de l’agitation urbaine.
Des oiseaux trouvent refuge dans cet écosystème préservé, tandis qu’une mare aux eaux calmes attire les regards. Bienvenue dans ce sanctuaire sauvage. Passage incontournable pour les visiteurs curieux, la ferme à crocodiles de Djibélor constitue l’âme du site touristique.
Depuis plusieurs années, cet espace est entretenu par Georges Diatta, éleveur passionné, qui a consacré sa vie à ces reptiles. Derrière l’image spectaculaire du site se cache un travail quotidien exigeant. L’élevage de crocodiles demande vigilance, connaissance et sang-froid.
« C’est une activité qui comporte des dangers permanents. Chaque matin, je commence par nettoyer les bassins et observer attentivement les animaux. Quand un jeune crocodile montre des signes de faiblesse, je le mets à l’écart pour lui administrer des soins », confie-t-il à nos confrères de la RTS 4 Casamance.
Une baisse de fréquentation
Dans cet antre naturel cohabitent plusieurs espèces, allant des jeunes aux adultes imposants. L’organisation alimentaire y est strictement respectée. « Les plus jeunes sont nourris trois fois par semaine, généralement en début, milieu et fin de semaine. Les adultes, eux, mangent beaucoup moins souvent. Ils peuvent rester un mois sans se nourrir, et sans que cela pose problème », précise l’éleveur.
Au-delà de la passion, la ferme représente également une activité économique. Certains crocodiles sont vendus à des réserves animalières, contribuant ainsi à la conservation et à la valorisation touristique ailleurs au Sénégal.
« Nous avons déjà cédé plus d’une cinquantaine de crocodiles à la réserve de Mbour pour environ 10 millions de FCFA. D’autres ont été acquis par la réserve de Bandia. Cela montre que notre travail est reconnu », confie Georges Diatta avec fierté.
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Malgré ces succès, la fréquentation touristique n’est plus celle des années précédentes. Les visiteurs continuent d’affluer, mais en nombre plus réduit. « Les touristes viennent toujours découvrir le site, même si l’affluence a diminué. Nous continuons malgré tout, avec reconnaissance et patience », ajoute-t-il.
La ferme aux crocodiles de Djibélor dépasse aujourd’hui le simple cadre d’un lieu de curiosité. Elle constitue un espace de sensibilisation à la biodiversité et à la coexistence entre l’Homme et la faune sauvage. Dans ce coin discret de Djibélor, Georges Diatta continue, jour après jour, de veiller sur « ses » pensionnaires. Une mission silencieuse, parfois risquée, mais guidée par une conviction profonde : préserver la nature tout en la faisant découvrir au monde.
Par Gaustin DIATTA


