Grâce à la détermination d’un responsable du Parti communiste chinois (Pcc) du nom de Shanghai, un désert a été transformé en une luxuriante forêt dans la province du Hebei. La ferme forestière mécanisée de Saihanba est considérée comme la plus grande forêt au monde issue du reboisement avec une superficie totale de 93 000 hectares.
BEIJING – On semble être au milieu de nulle part dans la province du Hebei, en Chine. Après plusieurs virages et une montée sur les routes montagneuses, on se retrouve en pleine forêt, sur une altitude de près de 2.000 mètres. Une verdure à perte de vue. La tour de guet de la forêt mécanisée de Saihanba est installée sur le point le plus haut du site. Elle offre une vue panoramique sur les différentes parties de la forêt. Des gardes forestiers y surveillent les vastes étendues de cette forêt. Grâce à la technologie, ils ont, en temps réel, toutes les données sur la forêt et font un rapport toutes les 15 minutes. Il y a neuf tours de guet dans la forêt pour remonter toutes les informations. Cet espace est très surveillé et étudié par les autorités locales puisqu’il est cher aux habitants de la localité et à toute la Chine. L’histoire derrière est que cet endroit, perdu dans la province du Hebei, était un désert au début des années 1960. Cet exploit a été réalisé grâce à l’engagement de trois générations de travailleurs. Ces derniers ont été conduits, au début, par un homme déterminé du nom de Shanghai (à ne pas confondre avec la ville). C’est le premier secrétaire du Parti communiste chinois dans la zone. En 1962, constatant que les terres étaient désertiques et sablonneuses, M. Shangai a décidé de mener une vaste campagne de reboisement. C’était difficile, avec beaucoup d’arbres perdus après le premier reboisement. Cependant, selon la guide forestière Wang Xueyan, qui se promène avec nous, ce jeudi 9 juillet 2026, dans la vaste forêt, à travers un ponton installé entre les arbres, les pionniers ne se sont pas découragés. Shanghai et ses 127 compagnons plantèrent, dans un premier temps, 170 000 arbres en 30 jours. Le premier secrétaire du Pcc du district conduit ce qui est appelé la « bataille de Maticom ». Avec ses hommes, ils réussissent à sauver, par la suite, 95 % des arbres plantés. Après cette performance, d’autres hommes engagés les rejoignent dans ce combat contre l’avancée du désert. Pour lui rendre hommage, une petite forêt commémorative de Shanghai, où tous les visiteurs viennent saluer son engagement, a été créée dans cet espace. Le précurseur a inspiré plusieurs Chinois dans le combat pour la protection de l’environnement.
Les contreforts du Grand Khingan
La ferme forestière mécanisée de Saihanba est située dans la région de Bashang, au nord du comté autonome mandchou et mongol de Weichang, à Chengde (province du Hebei). Elle se trouve à la lisière sud du massif sableux de Hunshandake, en Mongolie-Intérieure, à la jonction entre le plateau de Mongolie-Intérieure, les contreforts du Grand Khingan et ceux du massif de Yinshan. Elle constitue une partie importante du célèbre enclos de chasse impérial des Qing, le « Mulan Weichang ». Pour l’implantation de cette ferme, la plus grande forêt artificielle au monde (du fait que tous les arbres sont plantés dans un espace sans vie au départ), Wang Xueyan souligne que « pendant plus d’un demi-siècle, trois générations de travailleurs de Saihanba ont œuvré dans des conditions difficiles, poursuivant sans relâche leurs efforts ». « Ils ont forgé l’esprit de Saihanba, marqué par la fidélité à la mission, l’opiniâtreté et le développement vert », explique-t-elle. La forêt est également une réserve naturelle nationale et couvre une superficie totale de 93.333 hectares. Selon les données fournies par la ferme forestière, la superficie boisée est passée de 16.000 hectares au début à environ 76.733 hectares actuellement. Le taux de couverture forestière est passé de 11,4 % à 82 %. La forêt comprend également 6.867 hectares de zones humides. D’après la guide forestière, la forêt de Saihanba est une source d’eau importante pour les bassins des rivières Luan et Liao. Elle assure, chaque année, une régulation hydrique de 284 millions de m³, fixant 860.300 tonnes de dioxyde de carbone et libérant, en même temps, 598.400 tonnes d’oxygène. La valeur totale des actifs forestiers est estimée à 23,12 milliards de yuans (environ 24.000 milliards de FCfa). Les services écosystémiques fournis annuellement atteignent 15,59 milliards de yuans (environ 1.300 milliards de FCfa), constituant ainsi une solide barrière écologique verte pour la région de Pékin-Tianjin-Hebei. Selon les responsables du parc, avant de se transformer en désert, Saihanba était historiquement un jardin naturel réputé avec des eaux abondantes et des forêts denses. L’espace faisait partie intégrante du domaine de chasse impérial des Qing. La zone était même considérée comme l’enclos de l’empereur qui venait y chasser.
Mais, à la fin de la dynastie des Qing, en raison de l’ouverture des terres au défrichement, des guerres successives et des incendies de forêt, l’écosystème originel a été gravement dégradé. À la veille de la fondation de la Nouvelle Chine, la forêt primitive avait complètement disparu, laissant place à une vaste lande dénudée, balayée par les tempêtes de sable et dépourvue de végétation. C’est ce passé glorieux que Shanghai et ses équipes ont réussi à faire revenir en créant une autre forêt sur le site. Cet exploit a été salué à travers le monde. En 2017 et 2021, la ferme a reçu respectivement le prix « Champions de la Terre », la plus haute distinction environnementale des Nations unies, et le prix « Land for Life », la plus haute récompense dans le domaine de la lutte contre la désertification. En août 2011, le président Xi Jinping avait visité ladite forêt. Il avait salué l’esprit sherpa qui a été à la base de la réalisation de cette performance, appelant à la préservation de l’environnement. Pour la protection de l’environnement, la Chine a beaucoup investi dans les énergies renouvelables, avec notamment les énergies solaires, éoliennes et hydroélectriques.
Centrale photovoltaïque de Shenyuan Qicaihe, zone pilote zéro carbone
Dans la province du Hebei, en Chine, la centrale photovoltaïque de Shenyuan Qicaihe est une zone pilote zéro carbone alliant production d’électricité et élevage dans la circonscription de Chengde. Implanté dans le village de Sanfuxingdi, bourg de Yudaokou, comté de Weichang, le projet s’étend sur 6,6 km² pour un investissement total de 1,8 milliard de yuans (environ 148 milliards de FCfa). Selon l’agent responsable de la centrale, Wang Xiao Tian, le projet comprend une centrale photovoltaïque d’une capacité de 300 mégawatts, un poste de relèvement de 220 kilowatts ainsi que des équipements de stockage d’énergie. Avant la construction, le site était principalement une prairie naturelle gravement désertifiée. Grâce aux mesures de réhabilitation écologique mises en œuvre, le projet offre désormais, selon Wang Xiao Tian, des pâturages de qualité pour 3.850 bovins et 1.420 ovins. Par le biais d’un système de pâturage tournant et d’un élevage ordonné, il concrétise pleinement la complémentarité entre l’élevage et le photovoltaïque, contribuant ainsi au développement de l’industrie pastorale. À noter que la Chine produit 95 % des panneaux solaires au monde.
Oumar KANDÉ (Correspondant)

