À quelques semaines du début de l’hivernage, le Directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), Séni Diène, a effectué une visite de terrain à Saint-Louis pour évaluer l’état d’avancement des opérations pré-hivernales. Si la ville dispose d’un important réseau d’assainissement, le quartier de Pikine demeure l’un des points les plus vulnérables du pays, où les inondations reviennent chaque hivernage. Face à cette situation chronique, l’Onas promet des solutions d’urgence tout en appelant les populations à préserver les ouvrages.
À Saint-Louis, l’approche de l’hivernage ravive chaque année les inquiétudes des habitants de Pikine. Ce quartier populaire, construit en partie sur une zone très basse, continue de payer le lourd tribut des inondations malgré les investissements réalisés dans l’assainissement. En visite mardi dans la capitale du Nord, le Directeur général de l’Onas, Séni Diène, a voulu s’assurer de l’état de préparation des infrastructures avant les premières pluies.
Accompagné des autorités administratives, des élus territoriaux, des délégués de quartier et des acteurs communautaires, il a salué la mobilisation de tous les intervenants engagés dans la prévention des inondations. « Toutes les composantes impliquées dans la lutte contre les inondations sont mobilisées. Nous constatons également l’émergence d’acteurs communautaires qui s’investissent volontairement pour protéger leurs quartiers. C’est un signal très encourageant », a-t-il déclaré.
Contrairement aux idées reçues, Saint-Louis ne souffre pas d’un manque d’infrastructures d’assainissement. La ville est dotée de 120 kilomètres de réseau d’eaux usées, de 40 kilomètres de réseau pluvial, de huit stations de pompage et d’une quinzaine de stations dédiées aux eaux pluviales. Pour autant, ces équipements ne suffisent pas à empêcher les inondations dans certains secteurs.
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« La principale difficulté est liée à la topographie. Nous sommes dans une zone située quasiment au niveau zéro marin, ce qui rend l’évacuation des eaux particulièrement complexe. À cela s’ajoute une urbanisation qui ne facilite pas toujours l’accès pour les travaux d’assainissement », a expliqué le Directeur général.
Cette réalité fait de Pikine un secteur particulièrement sensible, où les populations vivent depuis plusieurs décennies au rythme des inondations. Afin de réduire la vulnérabilité du quartier, l’Onas accélère les travaux destinés à compenser les retards enregistrés dans le projet national des « Dix villes ».
Une conduite de refoulement de 400 mètres est actuellement en cours de réalisation afin de contourner le principal point de blocage du réseau. « Nous sommes en train de mettre en place une solution provisoire qui permettra d’atténuer considérablement les conséquences des inondations en attendant l’achèvement complet des ouvrages », affirme Séni Diène.
Selon lui, les chantiers affichent aujourd’hui un taux d’exécution compris entre 70 et 75 %, avec un objectif de finalisation fixé au 15 juillet, avant l’installation effective de l’hivernage. Le Directeur général souligne également l’implication constante des plus hautes autorités de l’État, notamment du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, qui suit personnellement l’évolution des travaux à Saint-Louis.
Au-delà des investissements, l’Onas estime que la réussite de la lutte contre les inondations dépend aussi du comportement des citoyens. Chaque campagne de curage permet encore d’extraire des tonnes de déchets, de filets de pêche, d’abats d’animaux et d’autres détritus qui obstruent les canalisations.
« Les ouvrages ne sont pas des dépotoirs. Les populations doivent se les approprier, les protéger et les défendre. Sans une véritable implication citoyenne, nous serons obligés de revenir chaque année traiter les mêmes difficultés », prévient Séni Diène. Le responsable de l’Onas invite ainsi les délégués de quartier, les collectivités territoriales et les organisations communautaires à intensifier les actions de sensibilisation afin de préserver les infrastructures réalisées grâce aux investissements publics.
Jeanne SAGNA (Correspondante)


