À Joal-Fadiouth, les communautés côtières ont célébré, ce lundi 8 juin, la Journée mondiale de l’océan par une activité de restauration de mangroves et la remise d’un rapport aux autorités. Elles plaident pour une meilleure prise en compte des initiatives locales dans les politiques de conservation marine.
Les communautés côtières de Joal-Fadiouth se sont engagées dans la préservation des écosystèmes marins. Elles l’ont fait savoir, hier, lundi 8 juin, à l’occasion de la Journée mondiale de l’Océan célébrée aux côtés de l’association « Aire », Greenpeace Afrique et la Direction des Aires marines communautaires protégées (Damcp). Les communautés côtières ont procédé à la restauration de mangroves et à la remise officielle aux autorités du rapport « Justice pour l’océan et les peuples ». Sur le terrain, femmes transformatrices, pêcheurs artisanaux, jeunes volontaires et acteurs communautaires ont participé à une opération de reboisement de palétuviers sur le littoral de Joal-Fadiouth. Dans un communiqué reçu hier, Greenpeace Afrique précise que cette initiative vise « à renforcer la protection des mangroves, des écosystèmes essentiels pour la reproduction des espèces halieutiques, la protection des côtes et l’adaptation aux effets du changement climatique ». Pour les organisateurs, cette activité traduit l’engagement constant des populations dans la préservation de leur environnement. « Depuis des décennies, les communautés côtières restaurent et protègent les mangroves non pas comme un projet, mais comme une condition de survie », a déclaré Karim Sall, président de l’association « Agire », cité dans le communiqué. Selon lui, les communautés locales disposent d’une expertise reconnue, qui mérite davantage d’attention et de soutien de la part des pouvoirs publics. Le rapport remis aux autorités en charge des Amp met en lumière les contributions des populations côtières à la conservation marine. Il souligne que ces communautés participent depuis plusieurs générations à la restauration des écosystèmes marins et côtiers. Cependant, nuance le document, leurs efforts « demeurent encore insuffisamment reconnus et soutenus dans les politiques publiques ».
Le document attire également l’attention sur le niveau de protection des espaces marins au Sénégal. Selon ses auteurs, « seulement 3,09 % de l’espace marin national bénéficie actuellement d’un statut de protection, un taux encore éloigné de l’objectif international visant à protéger 30 % des océans d’ici à 2030 ». Cette situation intervient alors que le Sénégal finalise sa nouvelle Stratégie nationale pour la biodiversité. Pour les organisations impliquées, cette étape représente une opportunité importante pour intégrer davantage les solutions développées par les communautés dans les politiques environnementales nationales. « Nous sommes à un tournant majeur. Alors que le Sénégal finalise sa stratégie biodiversité, il a l’opportunité d’intégrer pleinement les solutions portées par les communautés dans ses politiques publiques », a soutenu, dans le communiqué, Amadou Touré de Greenpeace Afrique. Selon lui, les résultats obtenus sur le terrain démontrent l’efficacité de ces approches participatives.
Par Babacar Guèye DIOP

