La cérémonie de remise de certificats aux participants à la session de formation sur le changement climatique et la diplomatie économique pour l’Afrique s’est tenue, vendredi 13 février, à Dakar. Venus de 15 pays, les quelque 20 récipiendaires ont été outillés sur les enjeux économiques autour de la gouvernance climatique mondiale. Objectif : unifier la voix du continent dans les négociations internationales et promouvoir une coopération africaine durable.
Les changements climatiques ont entraîné de nombreuses mutations socioéconomiques, qui impliquent une révision des mécanismes de coopération à l’échelle mondiale. Cette altération de paradigmes doit s’accompagner de l’émergence d’une nouvelle élite qui va porter la voix de l’Afrique dans les négociations internationales. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la session de formation sur le changement climatique et la diplomatie économique dédiée à une vingtaine de participants issus de 15 pays africains. En effet, cette initiative, pilotée par l’Institut africain de développement économique et de planification (Idep) et le Centre d’excellence pour le leadership et le management pour le développement de l’Afrique (Celmad), a pour but de renforcer le capital humain pour mieux défendre la cause de l’Afrique dans les futurs grands rendez-vous de l’économie mondiale. À travers le thème : « Promouvoir les intérêts de l’Afrique sur la scène mondiale », cette formation de cinq jours (9-13 février) a servi de tribune pour échanger sur les enjeux économiques et stratégiques de l’Afrique. Il s’agit, pour les organisateurs, de partager l’arsenal juridique et les différents mécanismes à adopter afin d’accéder aux différents fonds et financements orientés vers la transition écologique.
« À l’issue de cette formation, ils ont les outils qu’il faut, pour non seulement négocier, mais aussi construire des institutions ou renforcer celles qui peuvent accéder à ces fonds. Mais, l’Afrique a plus que ça à défendre et à discuter. Vous savez qu’on est passé de 100 milliards de dollars de demandes à 300 milliards. Et avec la Cop de Belém, on est à 1.300 milliards au niveau des fonds climat que nous voulons mobiliser », a déclaré le Dr Fodé Ndiaye, président du Celmad.
Dans un contexte marqué par des discussions sur les réformes de l’architecture financière mondiale, l’Afrique doit pouvoir renforcer son positionnement stratégique. L’ambition doit être adossée à une vision d’anticipation, de prospection et d’innovations. Aussi, les nouveaux débats sur le continent pourront servir à libérer le potentiel du secteur privé et intégrer les innovations technologiques pour booster le marché de l’emploi et, de façon plus large, l’économie. « Il faut créer une articulation entre les fonds externes et internes pour pouvoir disposer d’un mécanisme de financement qui soit durable, qui soit à l’échelle, qui soit disponible et qui puisse insuffler le développement de nos pays », a ajouté M. Ndiaye. Au-delà des fonds, les pays africains sont invités à intégrer la question climatique dans les négociations commerciales et économiques. Ainsi, la diplomatie économique doit s’articuler autour des sujets comme l’agriculture, le commerce, les énergies, les transports et les nouvelles technologies.
Diégane DIOUF

