Le Sénégal s’est doté, lundi 19 octobre 2026, d’une taxonomie (système de classification) verte. L’adoption de cet outil vise à faciliter l’identification, la compréhension et la conformité des projets stratégiques aux exigences environnementales. Cette politique de durabilité vient renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.
L’adaptation aux changements climatiques invite à un changement de paradigmes dans la manière de financer les projets à fort impact socioéconomique. Désormais, les gouvernants doivent inscrire la durabilité au cœur de leurs actions pour renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires au développement.
C’est dans cette logique que le Sénégal, engagé dans une politique de transition écologique, a adopté, hier, lundi 19 octobre, une taxonomie verte. Cette stratégie de classification du degré de durabilité des projets est portée par le ministère de l’Environnement et celui chargé de l’Économie, des Finances et du Plan, avec l’appui technique de la Coopération allemande (Giz).
La taxonomie verte vise à renforcer l’atténuation des effets du changement climatique dans les secteurs de l’industrie, des transports, de l’énergie, de la construction, de l’eau, de l’assainissement et de l’agriculture. Cet engagement en faveur de la cause environnementale traduit la volonté du Sénégal à contribuer fortement à la mise en œuvre des réformes structurantes du secteur financier.
Selon le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Aliou Gori Diouf, le développement économique et la protection de l’environnement ne s’opposent pas, ils avancent ensemble. « Nous voulons une économie qui crée de la richesse en préservant ses ressources, qui crée des emplois en renforçant sa résilience, qui attire les investissements en respectant la durabilité. Avec cette taxonomie, nous passons de l’ambition à l’action et de l’engagement à l’investissement concret », a-t-il souligné.
Un besoin évalué à plus de 7.500 milliards de FCfa
Ce nouvel outil, adopté par le Sénégal, vient renforcer le dispositif existant et inscrire le pays sur la liste des économies qui tiennent compte des défis environnementaux. « Ces investissements ne sont pas seulement une réponse aux changements climatiques, ils peuvent renforcer la compétitivité, développer de nouvelles filières économiques et créer des emplois durables », a précisé Kai Baldow, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Sénégal.
La mise en œuvre de cette ambitieuse politique de taxonomie verte nécessitera néanmoins la mobilisation de capitaux considérables. D’où l’urgence de disposer de ressources supplémentaires afin de réussir le pari de la transition écologique.
« Cette dynamique doit reposer sur l’appropriation de l’outil par les acteurs clés de l’écosystème financier, un dialogue et une coopération renforcés, ainsi que notre volonté partagée de faire progresser notre pays vers une économie plus verte, plus résiliente, plus inclusive et plus durable », a invité le ministre chargé du Budget, Bassirou Sarr.
La taxonomie contribue à une économie durable, oriente les capitaux et donne aux investisseurs, aux banques et aux entreprises la visibilité dont ils ont besoin pour agir. Elle participe à la réduction du risque de « greenwhasing » tout en renforçant la transparence des marchés.
Avec la classification des activités économiques, le Sénégal s’engage dans une dynamique d’atténuation du changement climatique, d’adaptation et de résilience.
La Contribution déterminée au niveau national (Cdn) a besoin de 13 milliards de dollars (7.595 milliards FCfa) pour dérouler la vision des autorités publiques d’ici à 2030.
« Évaluée à 13 milliards de dollars, notre Contribution déterminée au niveau national intègre 8,2 milliards de dollars (soit 4.791 milliards de FCfa) de financements conditionnels pour couvrir les besoins du Sénégal à l’horizon 2030. Aucun budget public, aucune aide extérieure ne suffira seule à les couvrir. Il faut convaincre les capitaux privés, et pour les convaincre, il faut leur parler clairement », a expliqué le Dr Aliou Gori Diouf.
Ce besoin nécessite, au-delà des efforts internes, une mobilisation des acteurs publics et privés pour porter cette ambition.
Diégane DIOUF

