« C’est un drame écologique », lance Mbacké Seck, président du Réseau national des organisations communautaires de protection de l’environnement (Renope), décrivant la pollution qui ronge la baie de Hann à Dakar. Selon lui, les eaux usées et sanguines de la Sogas se déversent chaque jour, sans contrôle, dans la mer, causant des dégâts irréversibles. « Chaque matin, des eaux chargées de sang s’écoulent dans la baie, et c’est en début d’après-midi que le flot s’intensifie », explique ce militant écologiste. M. Seck alerte : « Cette pollution organique, non traitée, transforme la baie en zone où la vie marine est gravement menacée. Tout ce qui vit dans cette mer est affecté ».
Le président du Renope rappelle que la baie a déjà souffert de la pollution industrielle. « Avant, on voyait la plage changer de couleur, du bleu au jaune, à cause des colorants déversés. Mais aujourd’hui, ce sont les eaux sanguines de la Sogas qui pollue la baie », développe-t-il. Surnommé « gardien de la baie de Hann », M. Seck constate aussi une « occupation illégale du domaine public maritime, avec des industries érigées à moins de dix mètres de la mer, ce qui aggrave la dégradation ».
Face à ce constat, il réclame l’installation d’un poste de garde. « C’est une zone stratégique, mêlant trafic de carburant, départs clandestins, pêche illégale… Il faut une présence régulière des forces de défense et de sécurité », insiste-t-il. L’absence de contrôle, selon lui, favorise la poursuite des rejets polluants et des pratiques illicites.
B. G. DIOP

