La communauté musulmane et les grands foyers religieux du Sénégal s’apprêtent à célébrer, cette nuit, le «Mawlid al-Nabi», ou Gamou, marquant l’anniversaire de la naissance du Sceau des Prophètes, Muhammad Rassoulou Lâhi (Psl). Un moment de prières et de dévotion pour la Ummah, dans la ferveur et le recueillement, afin de rendre grâce à Allah et de revisiter les enseignements du Prophète de l’Islam, dont le message a traversé plus de quatorze siècles.
Comme à l’accoutumée, la Ummah et les grands foyers religieux du pays vont rendre grâce à Allah et revivifier les enseignements du Prophète Muhammad (Psl), ce mardi, à l’occasion de cette nuit bénie du « Mawlid al-Nabi», ou « Gamou », qui célèbre la naissance de l’Élu, le Prophète de l’Islam Muhammad Rassoulou Lâhi (Psl). À cette occasion, les vénérés guides religieux du Sénégal vont perpétuer le legs de leurs ascendants et transmettre, avec pédagogie, à leurs disciples venus d’horizons divers, les concepts, les enseignements et les valeurs issus de l’héritage prophétique.
Cette célébration, le Sénégal la doit notamment à Cheikh Seydil Hadj Malick Sy « Maodo » (Rta), grand érudit soufi à la piété exemplaire et fervent chantre du Prophète de l’Islam, Muhammad (Psl), ainsi qu’à d’autres illustres guides religieux musulmans. Ces guides spirituels ont contribué à asseoir méthodiquement au Sénégal un Islam confrérique fondé sur les enseignements du Saint Coran et l’essence de la Sunnah du Prophète (Psl). Ils ont également su, avec une intelligence des contextes et une pédagogie fondée sur la modération, apporter des réponses aux aspirations universelles à la paix et au dialogue, faisant du Sénégal un modèle de stabilité et de coexistence religieuse pacifique entre les communautés. Cette richesse du Sénégal, qui relève du patrimoine immatériel, mérite ainsi d’être inscrite dans l’universalité des valeurs qui transcendent les différences et les divergences.
En prélude au « Gamou 1448 H Rabbi Al-Awwal », devenu au fil du temps un événement religieux d’envergure internationale, la ville sainte de Tivaouane, capitale de la Tijaniyya au Sénégal, a achevé sa mue pour accueillir les pèlerins et les hôtes du Prophète. Tivaouane, capitale de la Tijaniyya en effervescence Dans cette perspective, les grandes orientations de l’édition 2026 ont été déclinées par le Comité d’organisation du Gamou, à travers la Cellule Zawiya tidiane (Cezat) et le Coskas. Auparavant, cheikhs, oulémas et disciples de la « Khadara Malikiya » ont déclamé, pendant dix nuits, la « Qaçida Al-Burda », ou « Poème du Manteau », cette ode consacrée au Prophète Muhammad (Psl), composée par l’imam égyptien Muhammad Sharaf ad-Dîn al-Bûsîrî (1212-1296), en hommage au Sceau des Prophètes. Après une journée de pause ce lundi, la ville sainte de Tivaouane, qui a achevé de faire peau neuve, est ce mardi le point de convergence d’une grande partie de la Ummah sénégalaise pour la célébration de la 125e édition du Gamou de la Khadara Malikiya, marquant l’anniversaire de la naissance du Sceau de la prophétie, Muhammad (PSL), dans la nuit du 24 au 25 août 2026. Placée sous le thème central « Ensemble, penser et agir par le verbe de l’Unicité », l’édition 2026 mettra l’accent sur le Tawhid, le dialogue, la paix et le vivre-ensemble. Durant cette nuit du Maouloud, les pèlerins vont se ressourcer du modèle et du message prophétiques et revisiter les enseignements de leurs vénérés guides religieux à la lumière des défis contemporains de l’humanité.
À Tivaouane, les fidèles se pencheront notamment sur la pensée, les enseignements et l’action de Cheikh Seydil Hadj Malick Sy (Rta) et de sa descendance. Le joyau poétique « Khilâçu Zahab », condensé de la Sîra du Prophète Muhammad (Psl), de la Révélation jusqu’à sa disparition, figurera, comme à l’accoutumée, en bonne place parmi les panégyriques dédiés au Prophète de l’Islam et récités durant cette nuit bénie du Maouloud 1448 H Rabbi Al-Awwal. À l’instar de Tivaouane, les autres foyers religieux du pays ainsi que les dahiras établis dans la diaspora vont également vibrer au rythme de la célébration de la naissance du Prophète de l’Islam, à travers des récitals du Saint Coran, des prières et des invocations.
Une nuit de dévotion
Après dix jours de « Burd », plusieurs foyers religieux du Sénégal vont célébrer, dans la nuit de ce mardi, la naissance du Prophète Mouhamad (Paix et salut sur lui). À Tivaouane, précurseur de cette célébration au Sénégal, l’édition 2026 marque la 124e édition de l’événement religieux.
Tivaouane, Kaolack, Thiènaba, Touba et plusieurs autres foyers religieux du Sénégal vont célébrer, dans la nuit de ce mardi, le Mawlid, ou Gamou en wolof. Il s’agit de la commémoration de la naissance du Prophète Mouhamad (Psl).
Cette célébration est organisée dans la nuit du 11 au 12 du mois de « Rabi al-Awwal », troisième mois du calendrier hégirien. Selon des sources documentaires, c’est au début du 13e siècle, aussi bien en Orient qu’en Occident, que l’on a commencé à célébrer régulièrement le Mawlid al-Nabi. « Dès cette époque, récits de la naissance du Prophète, chants et réjouissances accompagnent cette commémoration indissociable de l’art vocal », rapporte la source. Au Sénégal, El Hadji Malick Sy en est considéré comme le précurseur. Il a instauré le Gamou à Tivaouane en 1902. Tout commence alors par une série de récitations du « Burd », qui s’étale sur dix jours. Il s’agit de la récitation du célèbre poème à la gloire du Prophète, composé par l’imam égyptien Sharaf al-Din al-Bûsîrî (1211-1294). Après une journée de repos, le Mawlid est célébré dans la nuit du 12e jour du mois de Rabi al-Awwal. Récitation du Coran, séances de zikr et invocations rythment la nuit dans les zawiyas et les mosquées. La vie et l’œuvre du Prophète sont également revisitées à travers des causeries religieuses et des enseignements. Cependant, avant de parvenir à donner un cachet profondément spirituel à cette célébration, Seydi El Hadji Malick Sy a dû faire face à plusieurs difficultés, notamment à l’opposition des autorités coloniales, mais aussi aux pratiques des « ceddos », qui célébraient certaines fêtes au mépris des valeurs et des enseignements islamiques. Ainsi, au-delà de son caractère commémoratif, le Mawlid vise à raviver, dans le cœur des croyants, le souvenir du Prophète et à les inciter à suivre son modèle, aussi bien dans leur comportement extérieur que dans leur vie spirituelle intérieure. Chaque année, toutefois, la célébration fait l’objet de débats au sein de la communauté musulmane. Certains courants la considèrent, en effet, comme une innovation religieuse, voire comme une pratique blâmable. Malgré cette controverse, Tivaouane et les autres grands foyers religieux du Sénégal continuent de drainer, chaque année, des milliers de fidèles, venus vivre une nuit de ferveur, de prière et de dévotion à l’amour du Prophète Mouhamad (Psl).
Par Mamadou Lamine DIÈYE et Fatou SY

