Entre ferveur spirituelle et interpellation sociale, les Journées mondiales de la jeunesse organisées à Kafountine ont pris une dimension particulière ce dimanche 22 mars. Devant des centaines de jeunes rassemblés, l’évêque de Ziguinchor, Monseigneur Jean-Baptiste Manga, a demandé à la jeunesse de son diocèse d’abandonner les chemins destructeurs : la drogue et les excès, pour construire un avenir responsable et porteur d’espérance.
ZIGUINCHOR – Sous les chants rythmés, les applaudissements et les couleurs vives des mouvements de jeunes catholiques, la paroisse Notre-Dame de la Joie de Kafountine s’est transformée, le temps d’une journée, en un véritable carrefour de foi et de réflexion. Mais au-delà de la célébration, le message délivré par l’évêque du diocèse de Ziguinchor s’est voulu direct et très interpellateur. Face à une assemblée attentive, Mgr Jean-Baptiste Valter Manga, debout à l’autel, a choisi de parler sans détour des réalités auxquelles la jeunesse est confrontée. Dans une homélie empreinte de franchise, il a exhorté les jeunes à reprendre le contrôle de leur destin, les appelant à rompre avec les comportements qui compromettent leur avenir. « Je demande aux jeunes de faire des choix responsables et d’abandonner tout ce qui détruit leur vie, en particulier la drogue et les excès qui les éloignent de leurs rêves », a déclaré le prélat, insistant sur l’urgence d’un réveil collectif. S’appuyant sur le thème : « Prenez courage ! Moi, j’ai vaincu le monde », tiré de l’Évangile selon saint Jean, l’ancien curé de la paroisse Saint-Benoît de Néma a rappelé que la foi chrétienne ne promet pas une existence sans épreuves. Selon lui, les difficultés font partie du parcours humain. Cependant, a-t-il poursuivi, elles ne doivent jamais conduire au découragement ni aux échappatoires destructrices.
« Le Christ n’a jamais promis une vie facile. Il annonce les épreuves, mais aussi la victoire pour ceux qui tiennent bon », a-t-il expliqué, invitant les jeunes à développer courage, discernement et persévérance face aux défis sociaux et personnels.
Un appel pressant à rompre avec les dépendances
Dans un contexte régional marqué par des tensions sécuritaires et des fragilités sociales persistantes, Mgr Manga a également rendu hommage aux victimes des récents événements intervenus dans le Nord-Sindian. Sur ce point précis, il a appelé la jeunesse à devenir une force de stabilité plutôt qu’un facteur de rupture. Le père évêque du diocèse de Ziguinchor a aussi mis en garde contre l’influence de discours trompeurs et de modèles illusoires qui promettent le succès sans effort. « Méfiez-vous de ceux qui vous font croire qu’une vie sans difficultés existe. La vraie réussite se construit dans l’effort, la foi et la responsabilité », a-t-il lancé à la jeunesse du diocèse dont il a la charge. Mgr Jean-Baptiste Manga a aussi abordé la question sensible des perturbations scolaires, encourageant les jeunes à privilégier le dialogue et des formes d’expression constructives. Pour lui, l’éducation et le travail, notamment dans le secteur agricole, demeurent des piliers essentiels pour bâtir un avenir durable en Casamance. Moment fort de la célébration eucharistique, la symbolique de la Croix confiée à la jeunesse du diocèse a été présentée comme un signe d’engagement pour la paix et la réconciliation. Un geste que l’évêque souhaite voir se prolonger bien au-delà des JMJ, dans les quartiers, les écoles et les familles. En clôturant la rencontre, Mgr Jean-Baptiste Valter Manga a exprimé l’espoir que les prochaines Journées mondiales de la jeunesse prévues à Ziguinchor consolident cette dynamique spirituelle et sociale, capable de renforcer la cohésion dans une région en quête de stabilité. À Kafountine, le message pressant de Mgr Manga a résonné comme une promesse : celle d’une jeunesse appelée à se relever, à choisir la responsabilité et à écrire une nouvelle page, libérée des dépendances et tournée vers la paix.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


