Sous le soleil d’étuve de Kolda, alors que la poussière du défilé retombe à peine devant le chapiteau officiel, le président du Conseil départemental a troqué l’habit de cérémonie pour celui de mentor. Entre ferveur patriotique et appel à la rigueur, Moussa Baldé a livré un message sans détour à une jeunesse en quête de repères : l’indépendance ne se fête pas, elle se mérite par le travail.
L’écho des tambours résonne encore sur la place d’armes, mais c’est une autre musique, plus profonde, que Moussa Baldé a choisi de faire entendre en ce 4 avril. Face à une foule compacte, l’ancien ministre n’est pas venu simplement célébrer le passé. Il est venu sceller un pacte avec l’avenir. D’un ton calme mais empreint d’une fermeté républicaine, le président du Conseil départemental a jeté un pavé dans la mare des certitudes. « Je suis pour la symbiose générationnelle », a-t-il lancé, avant de décocher une formule qui a glacé le brouhaha ambiant : « La jeunesse en soi n’est pas une vertu. La vertu, elle se cultive ».
Pour lui, le dynamisme de la nouvelle garde ne peut porter ses fruits sans la boussole des anciens. Un appel clair à un passage de témoin encadré, loin des ruptures brutales, où le « culte du travail » devient l’unique religion du développement.
Dans une ambiance de concorde retrouvée, Moussa Baldé a salué l’organisation millimétrée du Commandant de la zone militaire n°6 et du Gouverneur, voyant dans cette réussite le signe d’un Sénégal qui franchit un palier. « Nous célébrons dans la bonne humeur, et cela prouve que notre nation entre dans une phase de maturité », s’est-il réjoui, tout en remerciant les populations koldoises d’avoir massivement répondu à l’appel du drapeau.
Le rempart républicain !
Mais au-delà des honneurs militaires, c’est sur le terrain des valeurs que le leader politique a conclu son adresse. Comme un ultime rappel à l’ordre moral, il a martelé l’importance de l’unité nationale face aux soubresauts du temps. « Ce qui nous unit le plus, c’est la République. Il est vital de sauvegarder nos valeurs au sein de ce socle commun ».
A Kolda, le message est passé : l’indépendance n’est pas un acquis, mais un chantier permanent. Et pour Moussa Baldé, ce chantier ne peut être mené à bien que si la fougue de la jeunesse accepte de se laisser forger par l’expérience et le respect des institutions.
Ibrahima KANDE (Correspondant)


