Le Sénégal a franchi une étape majeure dans la représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les instances électives et nominatives sous la présidence d’Abdoulaye Wade. Sa vision, combinée aux luttes féministes, a permis de transformer les conditions des Sénégalaises à travers plusieurs piliers, dont la loi sur la parité, la nomination de compétences féminines au sommet de l’État et l’équité fiscale.
Seize ans après la promulgation de la loi sur la parité, le 28 mai 2010, les mouvements féminins se souviennent de cet acte symbolique et rendent hommage à l’ancien chef de l’État Abdoulaye Wade, qui a grandement contribué à une meilleure représentativité des femmes dans l’espace politique à travers cette disposition législative. Cette loi institue la parité absolue homme-femme au Sénégal dans toutes les institutions électives et semi-électives. Safiétou Diop, présidente de l’Ong « Siggil Jigeen » se remémore : « C’est l’une des réformes les plus importantes en matière de promotion des droits des femmes et de renforcement de la démocratie sénégalaise ». Mme Diop revient sur le contexte. « Depuis les années 1970, les femmes sénégalaises se mobilisent pour défendre leurs droits et renforcer leur participation à la vie politique et au développement du pays.
Ce mouvement a été renforcé par les Conférences internationales sur les droits des femmes, notamment celle de Beijing en 1995 », rappelle-t-elle. Mais, à partir des années 2000, dans un contexte marqué par les débats sur l’égalité, la justice sociale et l’inclusion, les organisations féminines sénégalaises ont intensifié leur plaidoyer. « Elles ont d’abord réclamé l’instauration de quotas avant d’orienter leur combat vers la parité. De 2000 à 2010, nous avons mené le combat avec beaucoup de sérénité avec un homme prêt à faire la différence », souligne Mme Diop. Donc, cette mobilisation n’aurait sans doute pas connu une telle rapidité ni une telle ampleur sans la volonté politique du président Abdoulaye Wade, selon la présidente de l’Ong « Siggil Jigeen ». « Sensible aux questions d’égalité et de justice, il a porté cette ambition au plus haut niveau de l’État et a accompagné le mouvement des femmes dans sa quête d’une représentation plus équitable ». Safiétou Diop se réjouit du fait que cette vision ait abouti à l’adoption de la loi sur la parité qu’il a lui-même proposée et qui a été votée par l’Assemblée nationale.
Dans un hommage rendu à l’ancien président de la République, Seynabou Mbaye, présidente du Conseil sénégalais des femmes (Cosef) salue la grandeur d’un homme « dont la vision et le courage ont imprimé, sur le cours des choses, des marques indélébiles et fécondes ». À son avis, « cet héritage est considérable, durable et profondément enraciné dans la trajectoire de [leurs] luttes collectives pour l’égalité, la dignité et la pleine citoyenneté ». Au-delà de la loi sur la parité, Mme Mbaye revient sur les réformes législatives et les choix forts qui ont été faits pour briser les barrières de genre dans les sphères les plus fermées de l’État. Pour la présidente du Cosef, la réforme du Code général des impôts, en janvier 2008, sous le magistère de l’ancien chef de l’État, a grandement amélioré le statut des travailleuses, leur permettant enfin de bénéficier des mêmes avantages de quotient familial que les hommes. Elle rappelle également Wade a rompu avec les traditions d’exclusion en nommant des femmes à des postes clés. Seynabou Mbaye de citer l’exemple de Mame Madior Boye, première femme Première ministre du Sénégal en 2011. Cette dernière a été choisie hors de toute affiliation partisane pour ses compétences de magistrate. Selon elle, « Mame Madior Boye a symbolisé la fin du plafond de verre institutionnel ».
De l’équité fiscale aux postes clés du pouvoir
L’ancien chef de l’État a aussi placé une femme à la tête du Conseil constitutionnel. « Le président Wade a accompli une deuxième première historique d’une portée symbolique et institutionnelle majeure avec la nomination de Mireille Ndiaye-Brenner en 2004. Elle est la première femme à présider la plus haute instance juridique du pays », rappelle Mme Mbaye. Elle met également à son actif la féminisation globale des institutions, qui a atteint 40 % au Sénat, 43 % au Conseil économique et social et près de 30 % au sein du gouvernement en juin 2010. Pour elle, l’ancien président a posé les jalons d’une « féminisation de l’armée » en deux grandes étapes. En 2007, la gendarmerie nationale opère sa mue avec la formation d’un premier contingent de 50 jeunes femmes. L’armée de Terre suit le mouvement avec le recrutement de 300 femmes comme « militaires du rang » au sein des forces armées nationales.
Par Matel BOCOUM

