Le Parti Démocratique Sénégalais (Pds) s’est révélé être une grande école politique, eu égard à la trajectoire des personnalités qui en ont été membres.
Exclu du Parti démocratique sénégalais (Pds), Serigne Diop a créé le Pds/Rénovation en juillet 1987. Après avoir été le numéro deux du Pds et Premier ministre sous le magistère du Président Abdoulaye Wade, Idrissa Seck a lui également choisi de mettre sur pied sa propre formation politique en 2006, le parti Rewmi. C’était suite à un divorce avec le « Pape du Sopi » après une disgrâce relative à l’affaire des chantiers de Thiès. Emboîtant le pas à Idrissa Seck, Macky Sall, ancien numéro deux du Pds, Premier ministre, puis Président de l’Assemblée nationale, a suivi, après un conflit ouvert avec la direction du parti. Il finit par créer l’Alliance pour la République (Apr) et réussit, en un temps record, à s’imposer sur l’échiquier politique au point de remporter l’élection présidentielle de 2012 face à son ancien mentor. D’autres figures marquantes ont quitté le navire libéral pour tracer leur propre voie.
Souvent, ils ont jugé que c’est la meilleure stratégie pour contester la gestion interne du parti qui tournait injustement, à leurs yeux autour de Karim Wade fils de Me Abdoulaye Wade. Pape Diop, ancien maire de Dakar et président du Sénat, fonde la Convergence démocratique Bokk Gis Gis en 2012. Après les élections législatives de juillet 2012, s’attendant à diriger la liste nationale du Pds, il n’a pas accepté le choix porté sur Oumar Sarr comme coordonnateur et tête de liste du parti. Il claque la porte pour rassembler d’autres dissidents. En mai 2016 à la suite d’une rupture avec le Pds, le parti « Les Démocrates Rénovateurs / Yessal » voit le jour sous la houlette du libéral Modou Diagne Fada. Le parti s’est vite imposé dans le paysage politique. Sa création fait suite au rejet d’un fonctionnement jugé « centralisé » ou « monarchique ». Modou Diagne Fada avait fait les mêmes reproches à la direction du parti. Compagnon des premières heures de Me Wade, ancien numéro deux et porte-parole du parti, Ousmane Ngom avait créé le Parti libéral sénégalais (Pls) avant de retourner au bercail. De son côté, l’ancien Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye a tenté l’aventure solo avec l’Union nationale pour le peuple (Unp). Toutes ces formations politiques ont en commun un ancrage profond dans la doctrine libérale.
Par Matel BOCOUM

