Le Sénégal a connu, en l’espace d’une année, une explosion des cas de fièvre de la vallée du Rift, qui sont passés de 10 à plus de 500. Pour une meilleure gestion de cette maladie, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, qui prend part au Sommet de Lyon sur le « One Health », propose une bonne cartographie des foyers épidémiques.
Le Sommet « One Health », qui s’est déroulé à Lyon, en France (6-7 avril 2026), était une occasion pour les différents acteurs présents de partager leurs expériences. Lors d’une session ministérielle, tenu le 7 avril, Ibrahima Sy, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, a évoqué les récentes épidémies qui se sont déclarées au Sénégal, notamment la fièvre de la vallée du Rift, Mpox et la dengue. Selon lui, même si les signaux climatiques avertissaient la survenue de la fièvre de la vallée du Rift, la détection n’a pas été rapide chez les animaux.
Ce faisant, les humains ont été exposés. Une situation inédite s’est ainsi produite, dans la mesure où « de 10 cas l’année précédente, on est passé à 561 cas cette année », a fait savoir le ministre. Mais, a-t-il exposé, le Sénégal s’est appuyé sur une approche multisectorielle pour gérer ces foyers épidémiques et les contenir. « Il fallait une bonne coordination intersectorielle », a déclaré M. Sy, soulignant que les leçons apprises de ces crises exigent de « faire une bonne cartographie des foyers épidémiques pour des tirs groupés. Donc, un ciblage de l’action ».
À son avis, « renforcer la surveillance collaborative avec le « Pandemic Fund and Gates Foundation » pour accompagner ce travail sur le volet laboratoire » est également nécessaire. Tout comme la « surveillance et les ressources humaines, pour une bonne stratégie de mobilisation des évidences ». Ibrahima Sy estime également que la mobilisation et la disponibilité des ressources financières au moment opportun sont essentielles. Il en est de même de l’information, de la sensibilisation et de la communication avec les populations, d’autant plus que ces dernières, a-t-il indiqué, doivent « contribuer à la riposte ».
Les virus n’ayant pas de frontières, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a invité au renforcement de la collaboration avec les pays transfrontaliers, pour une action coordonnée. Dans ce cadre, Khaité Sall, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique de la République de Guinée, a relevé que suite à l’épidémie d’Ebola, « des exercices de simulation transfrontalière » ont été initiés. Il a aussi fait savoir que l’approche multisectorielle a été adoptée dans son pays avec la survenue de ce foyer épidémique.
Ainsi, un comité de pilotage « One Health », comprenant les secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’élevage, a été mis en place. Les sciences vétérinaires, les forces de défense et de sécurité et les communautés ont été, par la suite, intégrées. Il a ajouté que « la formation est au coeur de l’action ». S’agissant du Programme régional de sécurité sanitaire pour alerte surveillance et riposte, M. Sall a fait savoir que les secteurs de l’environnement, de la santé, de l’élevage, de la protection civile et de l’enseignement supérieur sont concernés.
De notre Envoyée spéciale en France, Maïmouna GUÈYE

