Comme annoncé, le dimanche 27 septembre, la campagne « octobre rose » a démarré ce 1er octobre à Dakar. Des femmes ont pris d’assaut le siège de la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca) pour se faire dépister et connaître leur statut.
Au siège de la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca), ce jeudi 1er octobre, les chaises se remplissent au fil des heures. Des femmes arrivent, prennent place, attendent leur tour avant de rejoindre les salles consacrées au dépistage. Certaines échangent quelques mots avec celles qui patientent à leurs côtés, d’autres restent silencieuses, les yeux tournés vers les portes qui s’ouvrent et se referment. Plus d’une cinquantaine de femmes sont venues se faire dépister gratuitement au 1er jour d’« Octobre rose ». Derrière ce rendez-vous médical, les mêmes préoccupations reviennent : vérifier, savoir et, surtout, ne pas attendre que la maladie s’installe. Dans les couloirs de la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca), les arrivées se succèdent. Une femme termine son inscription, une autre attend son tour. L’ambiance reste calme, mais la maladie évoquée suffit à installer une certaine retenue dans les échanges. Le cancer du sein occupe les conversations et les esprits en cette matinée consacrée au dépistage. Adji Fall fait partie des femmes venues profiter de cette campagne d’« Octobre rose ». Elle explique que sa présence au siège de la Lisca est aussi liée à une recommandation de son mari. Elle a choisi de venir vérifier son état de santé, avec cette idée qui revient souvent lorsqu’il s’agit du cancer : mieux vaut savoir. « Je suis venue me dépister parce qu’on ne sait jamais. Le cancer est une maladie très souterraine. Le dépistage est un moyen de prévention », confie-t-elle. À quelques pas, Katy Ndiaye, une femme à la soixantaine, connaît déjà le chemin. Ce rendez-vous constitue pour elle le troisième dépistage en trois ans. Elle revient dans le cadre de la campagne avec une motivation concrète qui est celle de profiter de la gratuité pour contrôler son état de santé. « Je viens me dépister parce que ça ne coûte rien de vérifier notre état de santé quand on est à un certain âge. Le cancer est une maladie qui vient par surprise, donc je viens voir, étant donné que c’est gratuit », dit-elle. Pour Adji Diagne, âgée de 30 ans, la démarche est liée à la peur. Mariée, elle raconte avoir beaucoup entendu parler du cancer ces derniers temps. Cette accumulation d’informations l’a poussée à venir se faire examiner. « J’ai peur », lâche-t-elle.
49 sites avaient été mobilisés
Pour la Lisca, « Octobre rose » sert justement à provoquer ce réflexe. « L’objectif, c’est d’inciter le maximum de femmes à aller se faire dépister », explique Dr Fatma Guenoune, présidente de la Lisca. Selon elle, le dépistage permet de repérer tôt d’éventuelles anomalies afin d’engager rapidement la prise en charge. L’année dernière, 49 sites avaient été mobilisés pour le dépistage. Pour cette édition, la liste définitive des sites reste encore en cours de finalisation. Dr Fatma Guenoune explique que le déploiement dépend des partenaires et des confirmations financières. Des partenaires peuvent également se retirer au dernier moment, raison pour laquelle la Lisca préfère attendre avant de communiquer une liste définitive. L’ambition reste cependant d’aller vers plusieurs régions du Sénégal et de renforcer la présence dans la banlieue. Au siège de la Lisca, les consultations sont prévues tous les jours du 1er au 30 octobre. Le dépistage du cancer du sein cible en priorité les femmes âgées de 40 ans et plus. Pour le cancer du col de l’utérus, la campagne concerne les femmes à partir de 25 ans, notamment celles en âge de procréer et sexuellement actives. Dr Fatma Guenoune insiste aussi sur le fait que le dépistage constitue une porte d’entrée vers une prise en charge plus large. Lorsqu’une anomalie est détectée au niveau du sein, la Lisca prévoit la suite du parcours, avec notamment la mammographie et, lorsque cela s’impose, la biopsie. L’objectif affiché reste de permettre aux femmes de poursuivre leur parcours médical après le dépistage, jusqu’à la prise en charge totale. Dr Fatma Guenoune rappelle que pendant « Octobre rose », les femmes peuvent bénéficier de l’examen de mammographie à hauteur de 30.000 FCfa. Alors qu’il est estimé autour de 80.000 FCfa.
Reportage de Amadou KÉBÉ

