Réactifs introuvables, scanner en panne pendant plusieurs mois, équipements défaillants, absence d’Irm et primes impayées… Ce sont, entre autres, les préoccupations qui ont été soulevées , lundi 17 août, par l’intersyndicale des travailleurs de l’hôpital de la Paix de Ziguinchor qui dénoncent une situation qui s’enlise.
ZIGUINCHOR – Le signal d’alarme est désormais rugissant.Lundi 17 août, l’hôpital de la Paix de Ziguinchor a vécu au rythme de la colère des travailleurs. De 9 heures à 13 heures, médecins, agents de santé et autres personnels ont tenu un sit-in dans l’enceinte de l’établissement suivi d’une assemblée générale, le port de brassards rouges et un point de presse.
Au cœur de la contestation, des conditions de travail jugées de plus en plus difficiles. Le Dr Ousmane Diba, secrétaire général de la section du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) et coordonnateur de l’intersyndicale, dénonce une succession de dysfonctionnements qui affectent directement la prise en charge des patients.
« Les ruptures répétées de réactifs compromettent la réalisation des analyses biologiques les plus élémentaires, tandis que plusieurs équipements biomédicaux restent défectueux », a alerté le Dr Diba.
Le tableau dressé par les syndicats est particulièrement préoccupant. La radio numérique télécommandée et la radiographie panoramique dentaire seraient hors service. Le scanner a été immobilisé pendant plus de six mois. Et depuis plus de trois ans, aucun appareil d’Irm n’est disponible dans toute la Casamance.
« L’absence de ces équipements indispensables rend plus difficile la prise en charge des patients qui ont besoin d’examens spécialisés », a déploré le coordonnateur de l’intersyndicale.
À cette crise technique s’ajoute une crise sociale. Les organisations syndicales réclament le règlement d’arriérés d’indemnités et de primes, ainsi que la régularisation des cotisations sociales auprès de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres) et de la Caisse de sécurité sociale.
Face à l’absence de « réponses concrètes » après plusieurs mois de concertations, l’intersyndicale a décidé de mettre davantage la pression sur les autorités sanitaires.
Ils vont porter des brassards rouges les 18 et 19 août, observer une grève générale le 20 et procéder à une évaluation le 21 août. Ils ont aussi annoncé une nouvelle grève, les 25 et 26 août, suivie d’un sit-in le 31 du même mois.
Le calendrier est désormais arrêté. Les syndicats disent vouloir préserver les urgences et le service minimum, mais préviennent que la mobilisation va s’intensifier.
« Tant que des solutions concrètes ne seront pas apportées à nos revendications, nous continuerons le combat », a martelé le Dr Ousmane Diba.
Derrière cette tension sociale se joue une question plus sensible. Celle de l’accès aux soins spécialisés en Casamance.
Gaustin DIATTA (Correspondant)

