Les ouvrages réalisés dans le cadre du Projet d’assainissement des eaux pluviales de Tivaouane commencent à produire les effets escomptés dans plusieurs quartiers, notamment à Keur Khaly. Au total, des milliers de personnes seront mieux protégées contre les inondations. Un nouveau cycle s’ouvre.
La cité de Tivaouane est bien ensoleillée, ce mardi 18 août 2026. Au quartier Fogny, quelques ouvriers referment les dernières ouvertures. Le temps presse. Les fidèles commencent à affluer vers Tivaouane pour les besoins du Gamou. « Toutes les canalisations ont été enterrées en ville. Et ce sera également le cas au niveau des exutoires », avait affirmé Kader Konaté, directeur de la Planification, des Études et des Travaux à l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS).
Le Projet d’assainissement des eaux pluviales de Tivaouane est dans sa phase de finition. Des milliers d’anciennes victimes des inondations entrevoient le bout du tunnel. Mais l’espoir suscité n’effacera pas le désespoir des décennies passées. « Vous avez vu, j’ai surélevé la véranda et construit une terrasse. C’était pour faire face aux inondations. Lorsque nous habitions ici, il n’y avait pas de routes. Nous avons commencé à avoir des problèmes à partir de 2005. Je peux dire que nous sommes au bout de notre peine avec la réalisation des canalisations », s’est exprimé Alioune Pala Mbaye, enseignant à la retraite, dont la maison fait face à l’un des points bas du quartier Fogny.
L’ancien sinistré croit que le Projet d’assainissement des eaux pluviales de Tivaouane, lancé en novembre dernier par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, mettra fin à ce long cycle d’inondations. Les infrastructures devraient permettre de protéger des milliers d’habitants des quartiers vulnérables. « Nous avons déjà réalisé un réseau de drainage dans plusieurs quartiers, notamment Keur Khaly, Djeddah, Kouly, Fogny et Serigne Mansour. On peut dire que plus de 40 % de la population de Tivaouane est concernée par le réseau de drainage qui a été construit. L’État du Sénégal a mobilisé d’importants moyens financiers pour réaliser ces travaux confiés à l’ONAS », a souligné Moussa Ndiaye, chef du département des Grands Travaux à la Direction de la Planification, des Études et des Travaux de l’ONAS.
Un taux d’exécution de 90 %
À la date du 19 août 2026, le tout nouveau réseau a été enterré dans la ville. Les équipes de l’entreprise sont en train de boucler la fermeture des ouvertures afin de permettre aux ménages de passer un bon Gamou. « Actuellement, le projet est réalisé à 90 %. Nous allons le finaliser d’ici à la fin du mois d’août. L’entreprise est en train de prendre des mesures conservatoires pour fermer tout ce qui a été ouvert afin de permettre aux fidèles de passer un bon Gamou. Et, dès la fin de cet événement religieux, les travaux vont se poursuivre », a rapporté Moussa Ndiaye.
D’un montant de plus de 7,5 milliards de francs CFA, ce nouveau projet commence déjà à contribuer à la réduction des impacts des inondations. Le chef du quartier de Keur Khaly, Boubacar Fall, est bien placé pour parler du passé et du présent de la gestion des inondations.
« Nous remercions le président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye. Les autorités ont tenu leurs promesses. Après la pluie, nous avons accès à notre mosquée et les populations se déplacent facilement. Auparavant, il fallait louer les services de charrettes. Nous espérons passer un Gamou avec moins de problèmes », a laissé entendre le chef de quartier, qui a également remercié le maire, Diop Sy, pour avoir été au chevet des populations durant les années d’inondations.


