Permettre aux journalistes de mieux traiter les informations liées aux Violences basées sur le genre (Vbg). Tel est l’objectif de la Direction nationale de l’équité et de l’égalité de genre qui organise une session de formation de trois jours (du 10 au 12 juin 2026) au profit de l’Association des professionnels de l’information sur le genre (Apig).
Malgré les efforts de l’État du Sénégal, les Violences basées sur le genre (Vbg) persistent. Les médias, acteurs clés de la prévention, se heurtent souvent à un manque d’accès à des données fiables. Pour optimiser la lutte, la Direction nationale de l’équité et de l’égalité de genre du ministère de la Famille, en partenariat avec ONU Femmes, a choisi de former les professionnels des médias à « l’analyse, l’interprétation et la vulgarisation des données budgétaires et statistiques ».
Dans cette optique, un atelier de renforcement de capacités de trois jours s’est ouvert hier à Saly, au profit des membres de l’Association des professionnels de l’information sur le genre (Apig).
Selon sa présidente, Adama Diouf Ly, « l’un des principaux obstacles au journalisme de genre de qualité au Sénégal reste la réticence des autorités, le manque d’accès aux statistiques fiables et la difficulté à décortiquer les données ».
Pourtant, comme le rappelle Astou Diouf Guèye, les médias sont le moteur de la transformation sociale. « Une information bien traitée peut changer une perception, une perception transformée peut faire évoluer un comportement, et un comportement qui évolue contribue à transformer durablement une société », a-t-elle déclaré.
Pour montrer l’urgence de la situation, elle a rappelé que 36,9 % des femmes ont subi au moins une forme de violence (physique, psychologique, sexuelle ou économique), citant une enquête de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) publiée en 2023.
Face à la persistance des inégalités de genre, Mme Guèye a réaffirmé l’importance d’une budgétisation sensible au genre. Elle a défini cette approche comme un outil de gouvernance et de transparence, essentiel pour s’assurer que chaque franc investi par l’État contribue à réduire les disparités et à répondre aux besoins spécifiques de chaque citoyen (hommes, femmes, filles et garçons).
Mme Guèye a encouragé les professionnels des médias à s’approprier ces concepts techniques pour les vulgariser, à suivre de près les engagements publics et à analyser le budget de l’État sous l’angle du genre.
« C’est par vos productions, vos investigations et vos reportages, menés dans le strict respect de l’éthique journalistique et de la protection des survivantes, que nous parviendrons à faire évoluer les mentalités et à transformer durablement notre société », a-t-elle insisté.
De son côté, Adama Diouf Ly a rappelé l’urgence d’un traitement médiatique responsable des Violences basées sur le genre, déplorant que ces situations soient trop souvent reléguées au rang de faits divers alors qu’elles freinent le développement des communautés.
Rappelant l’impact psychologique et économique de ces violences, elle a averti qu’un traitement journalistique désinvolte peut traumatiser les victimes à vie.
Fatou SY


