La fête de la Tabaski, synonyme de partage et de retrouvailles familiales, a viré au drame ce mercredi 27 mai au quartier Castors de Ziguinchor. Lamine, un jeune homme né en 1994, a été retrouvé sans vie dans sa chambre.
ZIGUINCHOR- Dans une maison plongée dans les préparatifs de la Tabaski, personne n’imaginait que la matinée de ce mercredi allait se transformer en cauchemar. Au quartier Castors, non loin des locaux de la 41e compagnie d’incendie et de secours de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, le silence et les pleurs ont brutalement remplacé l’ambiance de veille de fête.
Lamine, un jeune homme connu de son entourage pour sa discrétion et son sens des responsabilités, a été retrouvé sans vie dans sa chambre. Le drame s’est produit alors que sa famille vaquait à ses occupations matinales, sans percevoir le moindre signe annonciateur.
Sa sœur, Ndèye Fatou Mansaly, encore sous le choc, raconte les derniers instants passés avec lui. « Quand il s’est réveillé, mon frère était avec nous comme d’habitude. Il est sorti de sa chambre pour saluer toute la famille avant d’y retourner quelques minutes plus tard », confie-t-elle avec émotion. Selon elle, rien ne laissait présager un tel drame. « Environ un quart d’heure après, j’ai demandé à ma fille de lui apporter son petit-déjeuner. Elle a frappé plusieurs fois à la porte, mais il ne répondait pas. Notre mère, pensant qu’il dormait encore, a décidé d’entrer dans la chambre. C’est là qu’elle l’a découvert inanimé. Malheureusement, il était déjà décédé », relate-t-elle, la voix nouée par la douleur.
Dans la concession familiale des Mansaly, l’incompréhension reste totale. Les proches disent ne pas comprendre ce qui a pu pousser le jeune homme à un tel geste. « Lamine souffrait d’une maladie depuis plusieurs années, mais son état semblait s’être stabilisé récemment. Il avait même repris certaines activités pour subvenir aux besoins de la famille. Nous ignorons ce qui a pu le conduire à une telle décision », regrette sa sœur.
Derrière les larmes, la famille garde le souvenir d’un homme combatif, profondément attaché aux siens. Malgré ses difficultés de santé, Lamine continuait, selon ses proches, à jouer pleinement son rôle au sein du foyer. « C’était quelqu’un de généreux et très engagé pour sa famille. Il faisait tout pour améliorer nos conditions de vie. Il a contribué à la construction de notre petite maison. Sa maladie avait tout chamboulé, mais il continuait de se battre », témoigne Ndèye Fatou Mansaly, avant de s’en remettre à la volonté divine.
À quelques heures de la Tabaski, cette disparition brutale rappelle, avec douleur, les souffrances silencieuses que certaines personnes traversent loin des regards.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


