Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Yassine Fall, a salué l’engagement du personnel du au palais de justice de Pikine-Guédiawaye, caractérisé par un déficit de ressources. Cette juridiction couvre l’une des zones les plus peuplées du Sénégal.
Yassine Fall, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, est allée à la rencontre des magistrats, greffiers et autres acteurs judiciaires du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, le vendredi 17 avril 2026. Cette visite s’inscrit dans le prolongement d’une série de déplacements effectués récemment dans plusieurs établissements pénitentiaires et juridictions du pays. Accueillie par le premier président de la Cour d’appel de Dakar, entouré de hauts magistrats et du personnel du tribunal, Mme Fall a précisé d’emblée le sens de sa démarche. «La visite que j’effectue aujourd’hui s’inscrit dans une dynamique d’évaluation continue du fonctionnement de notre appareil judiciaire ainsi que de notre volonté résolue de renforcer l’efficacité du service public de la justice», a-t-elle déclaré. Revenant sur la situation du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, le ministre de la Justice a magnifié l’engagement du personnel du palais de justice, malgré un déficit de ressources, comme sur toute l’étendue du territoire national. «Au tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, juridiction qui couvre l’une des zones démographiques les plus denses du pays, les effectifs réels illustrent crûment cette réalité», a soutenu Yassine Fall, saluant les efforts du personnel. En 2025, le parquet du tribunal de Pikine-Guédiawaye a reçu 16 650 plaintes. Une situation qui se confirme au premier trimestre de 2026, car selon le ministre «à la date d’aujourd’hui, ce sont déjà 4 728 plaintes qui ont été enregistrées». Mais plus grave pour la Garde des Sceaux, seuls «deux cabinets d’instruction traitent respectivement 558 et 468 affaires dans des conditions de charge soutenue, tandis que le nombre de détenus provisoires dépasse 1 035 personnes». Ainsi, de telles anomalies entraînent selon Mme Fall, des détentions provisoires prolongées et une surpopulation carcérale. «Le problème est celui d’une inadéquation entre les ressources allouées et les responsabilités attendues», a-t-elle déclaré. Elle plaide pour une «approche structurelle» afin de résoudre les problèmes de ressources humaines de l’appareil judiciaire national.
Souleymane WANE

