L’Association nationale des cadis du Sénégal a été reçue en audience, le mercredi 12 août 2026, par le Délégué général aux Affaires religieuses et à l’Insertion des diplômés en langue arabe, le Dr Djim Ousmane Dramé. Les discussions ont porté sur le rôle, le statut et l’avenir des juges musulmans au sein de l’institution judiciaire. En effet, les représentants de l’association ont profité de cette rencontre pour exposer leurs doléances. Celles-ci portent notamment sur la révision de leur traitement, la clarification de leur statut administratif et l’amélioration de leurs conditions de travail.
Selon l’imam Mamadou Sène, cadi au Tribunal d’instance de Dakar et trésorier de l’association, l’effectivité de leur compétence pour liquider les successions selon le droit musulman est entravée par la précarité statutaire et matérielle. Les cadis ont aussi déploré leur insuffisance en indiquant que le pays ne compte que 44 cadis en exercice, ce qui laisse plusieurs juridictions de région sans juge musulman affecté. Ils ont également plaidé pour le relèvement de leur indemnité qui ne dépasse pas 300 000 FCfa.
Face aux doléances, le Délégué général a promis d’organiser une journée d’étude pour faire l’état des lieux et proposer des solutions qui seront transmises aux autorités. Auparavant, Dr Dramé a salué le rôle des cadis dans la médiation et la cohésion sociale. « Ces juges musulmans, formés aux études supérieures en droit musulman et en sciences juridiques, interviennent régulièrement dans le règlement des différends familiaux : successions et divorce. Ce sont des juristes chevronnés dont la maîtrise des réalités locales et du droit islamique contribue au maintien de l’équilibre social et à la résolution apaisée des conflits », a souligné Dr Dramé.
Fatou SY


