Décidément, le traumatisme d’une élimination précoce n’était que le premier acte de la crise qui couve chez les Lions. Cruellement sortis par la Belgique (3-2) en seizièmes de finale de ce Mondial 2026, après avoir mené de deux buts jusqu’à la 86e minute, le Sénégal panse ses plaies dans un climat délétère.
Les secousses post-compétition n’ont pas tardé. Pape Gueye a choisi d’officialiser sa mise en retrait de la sélection. C’est via une story Instagram, publiée quelques heures à peine après le coup de sifflet final, que le milieu de terrain de Villareal a fait l’annonce :
« Je reviendrai pour vous dire quelques mots par rapport à l’élimination… mais j’annonce aujourd’hui que tant que ce staff technique sera maintenu, je ferai une pause avec la sélection. »
Titulaire face aux Diables Rouges, le joueur de 27 ans avait été rappelé sur le banc à la 65e minute au profit de Lamine Camara, alors que le Sénégal gérait encore son break d’avance (2-0). Une sortie que « l’homme de Rabat », surnommé ainsi depuis son but historique offrant la CAN au peuple sénégalais, avait ostensiblement contestée. Il faut dire que le tournoi de Pape Gueye laissait un goût d’inachevé sur le plan de la gestion humaine. Remplacé lors des matches face à la France (82e) et à la Norvège (54e), puis relégué sur le banc contre l’Irak avant de signer un doublé salvateur et une passe décisive à son entrée (57e), le cadre aux 45 sélections et 7 buts s’est visiblement senti sous-utilisé, par son sélectionneur.
En conférence de presse, Pape Thiaw a tenté de désamorcer l’incendie en assumant ses choix tactiques, mettant en avant l’état de fraîcheur de ses troupes : « Par moments, nous avions des problèmes physiques. Certains joueurs étaient fatigués, ils ne pouvaient plus donner le maximum », a justifié le technicien. Une explication balayée d’un revers de main par l’un des principaux concernés en zone mixte. « J’étais très bien physiquement », a rétorqué Pape Gueye. « Au final, c’est le coach qui décide… C’est une question de respect », a t-il ajouté.
Entre rupture ouverte et ego froissés, la reconstruction des Lions s’annonce déjà problématique.
Djibril DIAO


