Comme chaque année, plusieurs stars planétaires étaient attendues pour briller lors de la Coupe du monde 2026. Mais, certaines ont déçu dans cette édition américaine, la première à 48 équipes.
Sénégal : la fin d’une époque pour Mané et Koulibaly ?
Pour les Lions, ce Mondial 2026 devait être la dernière danse glorieuse de deux légendes. Il restera surtout comme une sortie douloureuse. Sadio Mané, titulaire lors des quatre matchs sénégalais, n’a jamais retrouvé l’étincelle qui a fait sa renommée : pas le moindre but, une influence quasi nulle sur le jeu offensif de son équipe.
Kalidou Koulibaly, capitaine des Lions, a lui aussi connu un passage compliqué qui a symbolisé les difficultés défensives du Sénégal durant la compétition. Revenu tout juste d’une blessure avant le tournoi, le défenseur n’a pas retrouvé son meilleur niveau, pointé du doigt sur plusieurs buts encaissés, notamment face à la France puis à la Norvège, avant d’être écarté du onze. Une presse sénégalaise déjà nostalgique évoque la fin d’un cycle porté par ces deux joueurs qui ont marqué l’histoire du football national.
Ghana : Semenyo, l’attaque muette des Black Stars
Chez les Black Stars, tous les regards étaient tournés vers Antoine Semenyo, auteur d’une saison XXL en Premier League avec Manchester City (17 buts en championnat entre Bournemouth et Man City). Mais l’attaquant n’a pas concrétisé en sélection ce qu’il produisait en club. Titulaire lors des matchs de poule contre le Panama, l’Angleterre et la Croatie, il n’a pas ouvert son compteur de buts au Mondial. Le Ghana a fini par être éliminé au tour des 16es face à la Colombie, et l’apport offensif attendu de sa nouvelle référence ne s’est jamais matérialisé au moment décisif.
Portugal : Vitinha et Bruno Fernandes, le naufrage du milieu de terrain
Présenté comme l’un des favoris naturels de la compétition, le Portugal a livré une phase à élimination directe assez décevante (2e derrière la Colombie), jusqu’à sa sortie contre l’Espagne en huitièmes de finale. Au cœur du problème : un milieu de terrain qui n’a jamais fonctionné. Vitinha, brillant sous les couleurs du PSG, a semblé émoussé et plus lent qu’à l’accoutumée, une méforme que la presse portugaise a qualifiée de plus grande déception de ce Mondial. Bruno Fernandes, de son côté, est resté très en dessous de ses standards habituels, lui qui est pourtant l’un des hommes forts de Manchester United en Premier League. Leur incompatibilité tactique a fini par plomber tout le collectif portugais, incapable de trouver son rythme jusqu’à l’élimination.
Brésil : Neymar, une retraite internationale amère
L’histoire est sans doute la plus symbolique. Appelé de manière surprenante par Carlo Ancelotti pour ce qui devait être son dernier Mondial, Neymar est arrivé diminué par une blessure au mollet contractée avec Santos. Il n’a disputé que des bouts de matchs, entrant en jeu en seconde période à deux reprises seulement. Contre la Norvège, en huitièmes de finale, il est monté au jeu à la 67e minute alors que le score était encore nul, sans jamais parvenir à changer la physionomie de la rencontre. Le Brésil a fini par s’incliner 2-1, sorti dès les huitièmes pour la première fois depuis 1990. Neymar a inscrit un pénalty inutile dans le temps additionnel avant d’annoncer la fin de sa carrière internationale. Une sortie qui a suscité une vague de critiques au pays du football, la presse brésilienne pointant son manque d’impact et son attitude jugée déplacée envers le gardien norvégien.
Allemagne : Wirtz et Musiala n’ont pas porté la Mannschaft
Censés incarner le renouveau de la sélection allemande, Florian Wirtz et Jamal Musiala n’ont pas répondu aux attentes placées en eux. Musiala peinait à retrouver son meilleur niveau après une grave blessure, tandis que Wirtz sortait d’une première saison difficile à Liverpool. Résultat : une Allemagne éliminée dès les 16es de finale par le Paraguay, aux tirs au but, une première dans l’histoire de la Mannschaft à ce stade de la compétition. Un fiasco qui relance le débat sur l’appauvrissement du vivier allemand, faute de talents capables de porter l’équipe dans les moments décisifs.
Au final, ce Mondial 2026 aura surtout révélé un mécanisme bien connu du football : la performance individuelle en club n’est jamais une garantie sur la scène internationale, où la forme du moment, l’alchimie collective et parfois de simples circonstances physiques peuvent réduire au silence les plus grands noms de ce sport.
Oumar Boubacar NDONGO


