A l’orée de la décisive troisième journée de la phase de groupes, une constante accompagne le début de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Maroc 2025 : la montée en gamme de joueurs africains jusque-là restés dans l’ombre de véritables pygmalions.
A côté de la confirmation du Ballon d’or africain 2024 Ademola Lookman (Nigeria), il y’a l’émergence sur le plan continental d’Amad Diallo (Côte d’Ivoire), d’Omar Marmoush (Égypte), de Nicolas Jackson (Sénégal, auteur d’un doublé lors du premier match avant une seconde sortie plus terne), de Bryan Mbeumo (Cameroun), d’Ayoub El Kaabi (Maroc), Mohamed Amoura (Algérie), de Dango Ouattara et Minoungou (Burkina Faso), ou encore des Tunisiens Mastouri et Achouri. Ces nouvelles figures occupent le haut de l’affiche et semblent prendre le relais, aux côtés ou à la place des anciens cadors. S’agit-il d’un phénomène passager ou d’un mouvement appelé à s’inscrire dans la durée, annonçant une véritable passation générationnelle ? Les situations diffèrent selon les cas.
Pour Nicolas Jackson, par exemple, malgré un doublé inaugural face à de modestes Botswanais, la finale du groupe D contre la RDC, disputée samedi, n’a pas été du même acabit, si ce n’est dans sa constance à manquer des occasions. De leur côté, Mastouri et Achouri n’ont pas su confirmer, contre le Nigeria (défaite 2-3), les promesses entrevues lors du premier match de la Tunisie. L’Afrique a pourtant besoin d’un renouvellement générationnel à la hauteur de l’immense vivier qu’elle offre au football mondial. Cette saison, 140 joueurs africains évoluent en Ligue 1 française, presque autant que ceux issus du reste du monde (155). On en compte 47 en Liga espagnole, et 51 en Premier League.
Amad Diallo, encore buteur dimanche lors de l’explosif Côte d’Ivoire–Cameroun, duel de beaux-frères, s’affirme, à l’image de Bryan Mbeumo, comme un potentiel futur fer de lance de sa sélection. Les deux joueurs, coéquipiers à Manchester United, affichent des débuts prometteurs dans cette CAN 2025. Mais ils restent encore loin des confrontations mythiques qui opposaient Didier Drogba à Samuel Eto’o sous les couleurs nationales.
Pour l’heure, le haut du pavé demeure occupé par la vieille garde des Lions d’Afrique, qui a régné sur le continent ces dernières années : le Sénégalais Sadio Mané (33 ans, 1 but au Maroc), l’Égyptien Mohamed Salah (33 ans, 1 but) et l’Algérien Riyad Mahrez (34 ans, 3 buts) résistent encore à l’inéluctable assaut, tels les défenseurs de Fort Alamo, face à une jeunesse aux dents longues qui frappe déjà à la porte.
En revanche, le deuxième étage de la fusée vacille dangereusement : Bertrand Traoré, Pierre-Emerick Aubameyang ou encore Youssef En-Nesyri, ce dernier ayant perdu du crédit, au vu des premières sorties du Maroc, face à l’efficacité d’El Kaabi.


