La Tiktosphère a encore été choquée par une histoire folle. Comme on le dit au Sénégal, quand on se réveille, il y a toujours de nouvelles affaires. Et celle-ci a alimenté l’actu sur les réseaux toute la semaine. De Tiktok, où l’information est partie, en passant par Snapchat jusqu’à Facebook, les utilisateurs se sont adonnés à cœur joie à leur activité favorite : traiter les cas. Mais celui-ci a fait couler beaucoup d’encre. Tout commence sur TikTok, où un riche homme d’affaires a décidé de briser le silence sur son ménage via le «live» d’un influenceur très suivi pour les cas qu’il traite à longueur de journée.
Le promoteur affirme avoir surpris son épouse en tenue légère lors d’une conversation téléphonique suspecte. Il aurait ensuite réussi à mettre la main sur son téléphone pour inspecter son contenu. Selon ses dires, il a découvert des notes vocales et des échanges compromettants avec plusieurs hommes. Face à ces « évidences », il a convoqué un conseil de famille, élargi aux proches de son épouse, avant de prononcer sa répudiation. La famille du promoteur est montée au créneau sur TikTok pour défendre son honneur. Son frère a notamment affirmé avoir été alerté de longue date par son propre chauffeur des « escapades extraconjugales » de sa belle-sœur, évoquant des rendez-vous secrets à Mbour. Des rumeurs persistantes circulent, certaines évoquant la volonté de la femme de réintégrer le domicile conjugal, d’autres, en réponse, remettant en cause l’honneur du mari lui-même. À ce jour, la femme est restée silencieuse et n’a fait aucune déclaration officielle face à ces graves accusations.
Ce n’est pas un cas isolé. Depuis quelques années, les réseaux sociaux ont donné naissance à un nouveau genre de célébrité : les couples qui font carrière sur leur histoire d’amour. Ils s’aiment en public, se disputent en public, se réconcilient en public. Leur relation est un feuilleton, leur vie privée, un studio de tournage.
Prenons l’exemple de l’ex-Maabo, le célèbre duo musical. Le groupe a construit une bonne partie de sa carrière sur l’alchimie de son couple. Son amour affiché, ses chansons dédiées, ses apparitions complices ont fait vibrer des milliers de fans. Mais quand la faille est apparue, c’est aussi sur la place publique que les langues se sont déliées. Le public, qui l’avait porté, est devenu juge et juré.
Plus récemment, le couple BB Bineta et Fallou a poussé le curseur encore plus loin. Ils ont documenté chaque étape de leur vie commune, jusqu’à la naissance de leur fille, diffusée en vlog. Rien n’est caché. Tout est montré : l’accouchement, les premiers pleurs, les premiers cadeaux de leur fille. Sur TikTok, certains couples ont même des comptes dédiés où ils partagent leur quotidien. De l’entrée de leur maison jusqu’à la chambre à coucher, rien n’est inconnu de leurs nombreux followers. Les étapes les plus importantes de leurs vies sont devenues du contenu. L’annonce même d’une grossesse est scénarisée de bout en bout. Du maquillage de la maman jusqu’aux tenues du couple, tout est choisi avec soin. Aujourd’hui, le « sutura » est brûlé sur l’autel des «likes». Le « kersa » est piétiné pour quelques vues. On expose son conjoint, on balance ses secrets, on humilie l’autre pour gagner la sympathie des internautes. Et les réseaux sociaux, en retour, adorent ça. Ils transforment les drames conjugaux en spectacle, les larmes en divertissement, les trahisons en tendance. Mais dans un pays où le « catt », le « bët » et le lamiñ sont des réalités bien ancrées, n’est-il pas mieux de vivre ni vu ni connu ?

