Le football avait déjà vendu son âme aux droits Tv. Voilà qu’il cherche maintenant un acquéreur pour son cœur. À la Fifa, le Mondial n’est plus un trophée, c’est une start-up en quête de levée de fonds. Gianni Infantino promet de « développer le football ».
Traduction : transformer le ballon rond en action cotée. Demain, après le Ballon d’Or, place au Ballon en Bourse !
L’Uefa crie au sacrilège, menace de boycott et découvre soudain les vertus de la morale… après des années à compter ses milliards. La CAF, elle, demande d’abord à voir le prospectus. En Afrique, on connaît la chanson. Quand un riche parle d’« opportunité historique », mieux vaut vérifier où est écrit le petit astérisque. Le plus savoureux reste cette idée d’offrir des parts aux fédérations ; chacune pourra garder son morceau… ou le revendre.
Le football devient une copropriété où l’on négocie les cages avant même le coup d’envoi. La prochaine Coupe du monde risque de ne plus se jouer sur la pelouse, mais au conseil d’administration. Et le vrai vainqueur soulèvera moins la Coupe… que le cours de l’action.
salla.gueye@lesoleil.sn


