Ouvrage faisant partie des sept merveilles du monde, la Grande Muraille de Chine continue de fasciner. Chaque jour, des milliers de touristes se donnent comme objectif de gravir les marches de ce patrimoine qui servait de rempart à la Chine face aux tentatives d’invasion de ses ennemis venant du nord.
BEIJING – Le mercredi 3 juin 2026, la capitale chinoise, Beijing, est enveloppée par la chaleur de l’été qui commence à s’installer dans le nord de la Chine.
À la périphérie de Beijing, à environ 70 kilomètres de la capitale, loin des gratte-ciel de la ville, la chaîne de montagnes verdoyantes offre un paysage doux défilant devant nos yeux. Ces montagnes surplombent les vallées de la région de Beijing. Un très bon emplacement qui a justifié ce choix pour l’érection de la Grande Muraille de Chine afin de se protéger des incursions des peuples venant du nord, notamment de la Mongolie à l’époque des empires.
« À l’époque, toutes les menaces venaient du nord de la Chine. Cette muraille a été construite pour se protéger des menaces d’attaques provenant de la Mongolie, qui se trouve au nord de la Chine », fait savoir le guide officiel chinois qui a comme nom occidental Marco.
Cette partie de la Grande Muraille de Chine a été construite par la dynastie Ming sur 8000 kilomètres. Elle attire plus de touristes chaque jour que les autres tronçons, car Beijing était la capitale des Ming.
Les touristes descendent des bus par groupes et se dirigent vers les premières marches de la Grande Muraille de Chine. Après quelques consignes de sécurité, des photos pour immortaliser l’événement historique — souvent une première pour la majorité d’entre eux — ils se dirigent vers les premières marches de l’ouvrage.
La Grande Muraille serpente à travers les montagnes chinoises. Le chemin est escarpé, même si les marches et les rebords permettent aux « alpinistes » de garder un certain équilibre.
Tous les visiteurs veulent atteindre le sommet de la Grande Muraille. Mais ce n’est pas une chose facile parce que l’ouvrage est constitué de plusieurs tours, qui étaient à l’époque des miradors de contrôle pour les soldats observant les positions de l’ennemi vers le nord de la Chine.
Phobie de la hauteur
« La Grande Muraille compte plusieurs tours. Des soldats étaient cantonnés dans les tours inférieures, d’autres surveillaient dans certaines tours supérieures. En haut aussi, ils étaient en position de combat. Chaque fois que les vigies voyaient que l’ennemi s’approchait, elles allumaient un grand feu pour informer les chefs de l’armée qui se trouvaient en amont de la Grande Muraille. Ce feu permettait aux soldats de communiquer avec les officiers, car à l’époque, il n’y avait pas de moyens de communication technologiques », renseigne Marco, notre guide du jour.
Les feux allumés sur la Grande Muraille étaient le signal que les combats allaient commencer. Actuellement, c’est un autre combat qui est mené sur les rampes de la Grande Muraille. Le souhait des touristes est de marcher sur les pas des anciens soldats de l’Empire du Milieu et, notamment, d’arriver au sommet, à la dernière tour.
Pour cela, des citoyens de différents pays du monde s’encouragent chaque jour sur les marches de la Grande Muraille.
Cependant, en cours de chemin, beaucoup abandonnent, à l’image de notre compagnon djiboutien, Mohamed Chakib Saad. À la première tour, il a commencé à avoir des vertiges. Ayant la phobie de la hauteur, il s’arrête et décide de redescendre.
D’autres continuent à gravir les marches d’une tour de contrôle à une autre. Mais plus on avance, moins on voit de touristes. Des Africains, des Américains et des Européens s’encouragent et se passent parfois des bouteilles d’eau.
Plus on gravit les marches de la Grande Muraille de Chine, plus l’oxygène se raréfie, les genoux deviennent lourds et les corps transpirent abondamment.
Un couple de Français vivant en Australie est venu en Chine pour atteindre le sommet. Ils ont réalisé leur objectif alors que notre groupe était sur le point d’atteindre les cimes de la montagne sur laquelle est érigée cette partie de la Grande Muraille.
Constatant notre fatigue, le mari, souriant, nous lance : « C’est difficile, mais encore un effort et vous allez atteindre votre objectif. Au sommet, la vue en vaut la peine. Mais gardez aussi de la force pour la descente ».
Un Indien, content de prendre des photos avec un compatriote de Sadio Mané, s’est arrêté à l’avant-dernière étape. Un Américain venant de l’Utah, constatant notre fatigue, nous aide à faire une pause, nous propose une photo avant la poursuite de la montée.
Face à la fatigue, point de revendication d’une différence, tous sont unis par la magie des lieux construits avec des briques et à la main par le savoir-faire du peuple chinois il y a plus de 2 000 ans.
Cependant, seule une infime partie de ceux qui ont démarré l’aventure arrive au sommet. Ces derniers, après beaucoup d’efforts pendant près d’une heure et demie, sont fiers de leur résilience, saluée par les guides. Ils sont les héros.
Plus de 10 millions de touristes par an
Ils peuvent lire le tableau avec l’inscription du leader chinois Mao Zedong : « Tout héros doit gravir des montagnes ».
Abdel Aziz Ibrahim du Niger est l’un d’eux. Il confie : « Nous sommes donc des héros. Gravir la Grande Muraille est une manière de rendre hommage au peuple chinois qui a bâti cet ouvrage magnifique ».
Cependant, il lance aussi : « Je ne sens plus mes pieds. Il n’est pas facile d’arriver au sommet car, après chaque tour, on en voit une autre devant soi ».
Cette expérience est unique, car la Grande Muraille continue de fasciner les visiteurs par son immensité et par le génie de ses bâtisseurs, plus de 2 000 ans après sa construction durant la période des États combattants.
Chaque année, plus de 10 millions de touristes étrangers se rendent en Chine pour découvrir ce monument emblématique.
La Grande Muraille de Chine est l’une des sept merveilles du monde médiéval, au même titre que le Colisée et la tour penchée de Pise. Elle a été inscrite au patrimoine culturel mondial de l’Unesco en décembre 1987.
Selon les documents officiels, elle s’étend d’est en ouest et du nord au sud du pays sur plus de 21 000 kilomètres. Les vestiges existants sont principalement ceux de la muraille de la dynastie Ming, construite au XIVe siècle.
Oumar KANDE (correspondant )

