Dans la province du Hebei, la ville de Chengde est une localité socioculturelle très importante de la Chine. C’est dans cette ville, qui offre un microclimat agréable, que les empereurs de la dynastie des Qing ont décidé de construire, au 18e siècle, leur deuxième résidence, dite Palais d’été de Chengde. Ces lieux, ainsi que bien d’autres destinations touristiques, constituent un point de convergence pour des centaines de milliers de touristes chaque année.
BEIJING – Chengde, ville de la province du Hebei située à plus de 200 kilomètres au nord-est de Beijing, est bercée par les montagnes verdoyantes en ce mercredi 8 juillet 2026. Chengde n’est pas la capitale de la province du Hebei (Shijiazhuang), mais elle est une localité très stratégique du nord de la Chine.
Dans cette cité, comme dans beaucoup d’autres localités de la province du Hebei, le temps est pluvieux et frais pendant l’été. Dans cette ville très touristique, le palais d’été de l’empereur est un lieu très couru par les visiteurs venus de l’étranger et des autres provinces de Chine.
Un groupe d’enfants chinois, très enthousiastes, jouant du tambour africain, accueille notre délégation à l’entrée des jardins du palais d’été. À l’intérieur, sur l’esplanade du jardin, bordée par une rivière et des arbres, une prestation de Taiji Quan (Tai-chi) par des personnes âgées rafraîchit l’ambiance et attire l’attention de nombreux visiteurs.
Tout ce vaste domaine fait partie de la résidence impériale. « Pendant l’été, il faisait extrêmement chaud à Beijing, la capitale, et la dynastie des Qing a décidé de construire ce palais d’été. L’empereur y résidait pendant quatre à cinq mois », nous renseigne le guide officiel Zhang Shuo.
La construction de cette résidence d’été a duré plusieurs décennies, de 1703 à 1792, sous les empereurs Kangxi (deuxième empereur de la dynastie des Qing, ayant régné 61 ans) et Qianlong (quatrième empereur de la dynastie des Qing, avec 60 ans de règne). Ces deux souverains ont régné le plus longtemps sur le trône impérial chinois.
La grandeur des lieux montre qu’ils n’ont pas lésiné sur les moyens pour ériger cet édifice, construit à l’âge d’or de l’Empire chinois. Zhang Shuo fait noter qu’un million de personnes ont participé à la construction du palais d’été, qui a nécessité des milliers de tonnes de bois de qualité.
En cette période de vacances, 20 000 personnes visitent chaque jour les lieux, transformés en musée, après le paiement d’un ticket d’entrée de 130 yuans (environ 11 000 FCfa).
Dès l’entrée principale du palais, les visiteurs font face à une représentation en miniature de la Cité interdite de Beijing (premier palais et demeure principale des empereurs).
La première partie du palais est constituée des bâtiments de travail et de résidence de l’empereur, avec des salles de réception, de réunion, etc. Dans le bâtiment principal, qui attire le plus grand nombre de visiteurs, le trône authentique de l’empereur est toujours conservé.
La salle est construite conformément au style architectural chinois, avec du bois précieux appelé « nanmu », et un toit réalisé à partir de tiges de bambou. Les murs sont décorés de figurines représentant des divinités ainsi que des animaux importants dans la symbolique chinoise.
À côté de la salle du trône se trouvent la salle de lecture de l’empereur, où se trouvait également son vestiaire pour se changer selon les événements et les hôtes reçus, ainsi que sa salle de réunion. Le guide nous précise que l’empereur n’y recevait que ses ministres les plus importants. Le siège doré de couleur jaune était réservé à l’empereur. En face, de chaque côté de la salle, des chaises en bois accueillaient ses hôtes.
Les visiteurs ne peuvent aujourd’hui contempler cette salle mythique qu’à travers les vitres. Dans l’arrière-cour de cette salle, le chariot-cabine dans lequel l’empereur voyageait lors de longs déplacements est soigneusement conservé, de même que le chariot-porteur qui permettait aux souverains chinois d’être transportés par des porteurs.
Selon Zhang Shuo, à l’époque, le déplacement de Beijing à Chengde prenait sept jours. C’est à partir de cet endroit que se faisait la démarcation entre les lieux de travail et les espaces de vie de l’empereur.
Dans ses appartements privés, seuls ses épouses, sa famille, les servantes et les eunuques y avaient accès. On y trouvait également un opéra qui permettait à la famille impériale de se divertir, ainsi qu’une salle de prière abritant des statues bouddhistes.
À la fin de la visite des différents bâtiments du palais, on débouche sur les jardins de la résidence. Ces jardins luxuriants, composés de plusieurs bosquets, s’étendent à perte de vue. Leur superficie est de 5,64 km², ce qui en fait le plus grand jardin impérial au monde.
Un lac serpente entre les jardins et forme, à son extrémité, un petit îlot appelé l’île du Lotus vert. Ces plantes aquatiques flottent sur les eaux claires du lac du jardin impérial. Sur cet îlot est érigée une petite maisonnette impériale.
Le guide nous confie que l’empereur aimait s’y rendre pour admirer la pluie pendant son séjour au palais d’été de Chengde.
Non loin de ce palais, les empereurs de la dynastie des Qing ont également fait construire une réplique du palais du Potala de Lhasa (Tibet), appelée le Petit Potala, l’un des huit temples extérieurs du bouddhisme.
La ville de Chengde, dans la province du Hebei, compte également de nombreuses autres attractions touristiques, dont le village de Hualougou, situé au pied de la Grande Muraille de Chine. Ce village, qui offre une vue panoramique spectaculaire entre montagnes, forêt et Grande Muraille, est visité par des milliers de touristes.
Les habitants tirent profit de cette activité et sont devenus de véritables professionnels de la photographie, mettant en valeur les paysages.
Le directeur du comité villageois du Parti communiste chinois (Pcc), Duan Jiulai, qui nous a reçus dans son siège le 7 juillet 2026, nous a présenté le travail de ces photographes paysans, dont la renommée dépasse désormais les frontières de la Chine.
« Beaucoup de photographes internationaux se rendent dans notre village pour réaliser de magnifiques images de la Grande Muraille de Chine. Nous avons ainsi développé l’art de la photographie pour immortaliser les différentes saisons et les paysages autour de la Grande Muraille. Notre village compte également les meilleurs photographes paysans de Chine », affirme-t-il.
Il rappelle que le climat est tempéré pendant l’été, mais qu’en hiver la température peut descendre jusqu’à moins 20 degrés.
Le village de Hualougou compte 1 826 habitants, dont 42 photographes professionnels.
Âgé de 70 ans, Wang Zhanshan est membre de l’association des photographes paysans du village. En 2024, il a remporté un prix national de photographie grâce à une série d’images immortalisant la Grande Muraille de Chine au fil des saisons, des fleurs du printemps aux paysages enneigés de l’hiver, en passant par les panoramas de l’été et de l’automne.
Son collègue Pijian a également remporté le prix des photographes paysans de Chine grâce à ses magnifiques clichés des paysages du Hebei.
L’activité touristique et la photographie permettent aux paysans d’améliorer leurs revenus et de développer des établissements hôteliers ainsi que des restaurants destinés aux touristes. Duan Jiulai fait noter que le village accueille chaque année environ 500 000 touristes.
Le tronçon de la Grande Muraille du Hebei a été construit au 16e siècle par le général Qi Jiguang, dont la statue, accompagnée de son cheval, trône à l’entrée principale de la tour de guet.
Selon La Guo, responsable de la protection et de la communication de la Grande Muraille de Jinshanling, ce tronçon mesure 10,5 kilomètres de long et compte 67 tours de guet. Il est situé entre 400 et 600 mètres d’altitude et se distingue par son architecture unique.
À l’époque impériale, il constituait un système de défense particulièrement efficace contre les invasions mongoles.
Dans la ville de Chengde, la nature est également bien préservée grâce au travail réalisé au parc forestier national du pic Qingchui. Dans ce parc, les touristes peuvent admirer les paysages forestiers depuis des téléphériques suspendus qui traversent les vastes ravins verdoyants.
Par Oumar KANDE (Correspondant)

