C’est la première grande ville chinoise en remontant le fleuve Yangtze dont l’embouchure se trouve à Shanghai. Située à la croisée des fleuves Yangtze, Min et Jinsha, elle a façonné la culture chinoise mais joue également un rôle capital dans la Chine moderne.
C’est une ville-préfecture située, environ, à une heure de Tgv de Chongqing. Elle est connue pour sa mer de bambou classée parc national chinois depuis le 1er août 1988. C’est une ville intelligente dont la construction avait fait l’objet d’un accord entre le gouvernement municipal et l’opérateur téléphonique China mobile. Mais Yibin est surtout connu pour être la première ville en remontant le fleuve Yangtze pour aller vers l’embouchure à Shanghai et à Ningbo.
La nuit tombe doucement. Les dernières lueurs du jour glissent sur les eaux sombres du fleuve tandis que les premiers éclairages urbains s’allument un à un. En quelques minutes, la ville change de visage. La cité révèle toute sa personnalité. Un fascinant mélange de patrimoine ancestral et de modernité flamboyante.
Les promeneurs affluent sur les berges. Des familles, des couples, des groupes d’amis et bien évidemment des touristes se retrouvent sur les larges esplanades qui longent le fleuve. L’air est doux. Une légère brise transporte l’odeur des restaurants et le parfum humide des berges. Les conversations se mêlent au clapotis de l’eau et au grondement lointain de la circulation.
Yibin occupe une place particulière dans la géographie chinoise. C’est ici que la rivière Min rejoint le fleuve Jinsha pour former officiellement le mythique Yangtse. Cette rencontre des eaux constitue depuis des siècles l’âme de la ville. La nuit, le spectacle devient presque magique. Les lumières des quais se reflètent sur les courants tandis que les immeubles modernes dessinent une skyline lumineuse sur l’horizon.
Pourtant, ce qui frappe d’abord le visiteur n’est pas seulement la beauté du fleuve. C’est le contraste saisissant entre les époques. D’un côté, les quartiers historiques conservent leurs silhouettes traditionnelles. Les toits aux courbes élégantes se détachent dans la pénombre. Les pavillons inspirés de l’architecture classique chinoise semblent veiller sur la ville depuis plusieurs siècles. Les lanternes rouges suspendues sous les avant-toits et dans la rue diffusent une lumière chaude qui évoque immédiatement les récits de la Chine impériale.
Il y a une gigantesque résidence ancienne. Sa grâce majestueuse surplombe l’ancienne ville conservée comme mémoire de l’évolution. Ces maisons d’une autre époque, construites en bois, servent de commerces, de restaurants, d’hôtels ou de musées. Les touristes s’y pressent pour acheter des souvenirs, prendre un verre ou un encart. Discuter.
Cohabitation entre le passé et le futur
Cette nuit du mois de mai, l’atmosphère festive reste encore marquée par les célébrations récentes du Nouvel An chinois. Même plusieurs semaines après les festivités, de nombreuses décorations demeurent visibles. Des lanternes rouges ornent encore certains bâtiments publics. Des motifs représentant le zodiaque chinois apparaissent sur les places et dans les jardins. Les arbres sont parfois habillés de guirlandes lumineuses qui rappellent les soirées de célébration.
Entre la résidence impériale et le rivage, un immense globe terrestre attire les visiteurs. Illuminée de bleu et d’or, cette sphère monumentale est devenue l’un des symboles de la ville contemporaine. À côté, il y a une reproduction, en miniature, du Yangtze. Son parcours allant de Yibin à Shanghai. On retrouve toutes les grandes villes dont Wuhan se trouvant entre les deux localités. Même le fleuve est représenté. Les touristes prennent des photos pour immortaliser l’instant. « Le monument incarne l’ouverture de Yibin sur le monde et ses ambitions internationales », souffle un officiel.
De l’autre côté du fleuve, le décor change radicalement. Des tours de verre et d’acier s’élèvent vers le ciel. Leurs façades recouvertes d’écrans Led projettent des animations colorées visibles à plusieurs kilomètres. Les immeubles paraissent presque flotter au-dessus du fleuve tant leurs reflets se prolongent dans l’eau.
Yibin abrite une importante zone industrielle, prospère surtout grâce à sa position géographique stratégique. En effet, une bonne partie des produits sortis des usines, implantées ici, sont transportés vers les ports de Shanghai et de Ningbo, via le fleuve.
Mais Yibin a surtout prospéré grâce à l’ingéniosité de ses dirigeants. Lesquels ont, dans un montage financier innovant, créé en partenariat avec le constructeur automobile Cherry, mis en place un autre constructeur : Kaiyi. Une marque très bien vendue en Chine et qui commence à pénétrer le marché sénégalais.
Aly DIOUF

