La militante Assa Traoré, engagée dans la lutte contre les violences policières et le racisme, a déposé une série de plaintes, visant notamment le collaborateur d’un député RN pour l’avoir ciblée sur les réseaux, et dénonçant une agression lors d’un rassemblement, a-t-on informé mardi de source proche du dossier.
« Je saisis la justice car les menaces, injures et appels à la violence dont je suis la cible ont dépassé le cadre des réseaux sociaux », avait déclaré sur Instagram Assa Traoré, régulièrement visée par l’extrême droite. Leur « gravité exige une réponse judiciaire immédiate ».
Trois plaintes ont été déposées en février, a confirmé son avocat, Me Yassine Bouzrou, à l’AFP.
L’une vise Maxime Giralt, collaborateur parlementaire du député RN de l’Ain Jérôme Buisson, notamment pour injure raciste, diffamation dirigée contre la mémoire d’un mort et incitation à la haine. Elle vise des posts sur X après une décision de la Cour de cassation, qui a rendu définitivement le non-lieu dans l’enquête sur la mort d’Adama Traoré, le frère d’Assa, il y a dix ans dans une gendarmerie.
M. Giralt s’en était pris à la chevelure de Mme Traoré (« On dirait ce qu’il reste dans la bonde de la douche. Ses propos comme sa tignasse me dégoûtent ») et à son frère décédé (« le terroriste (…) il est mort (…) il a joué, il a perdu »), selon la plainte.
Il avait aussi commenté une affiche pour les municipales, où figuraient quatre femmes, dont Assa Traoré, la candidate LFI à la mairie de Paris Sophia Chikirou et la députée LFI Rima Hassan, en écrivant : « J’ai fait (sic) un rêve : quatre décès, et le peuple empli de joie ».
Mi-février, le député Buisson avait annoncé avoir « mis à pied à titre conservatoire » M. Giralt. « La procédure est bien lancée » pour mettre fin à son contrat, a précisé mardi le groupe RN, contacté par l’AFP.
Une autre plainte a été déposée pour tentative de meurtre après une agression dénoncée par Assa Traoré, lors d’un rassemblement fin janvier en hommage à El Hassen Diarra. Une enquête est ouverte sur la mort de cet homme, au commissariat du XXe arrondissement, après une interpellation violente.
Assa Traoré explique qu’un homme qui s’est infiltré dans son service d’ordre, visage masqué, a tenté de mettre le feu à ses cheveux, avec un objet de type chalumeau ou bombe de peinture.
Elle a déposé une troisième plainte contre un utilisateur du réseau social X qui a appelé en juin 2025 à lui « mettre une balle dans la tête ».
AFP


