Alors que les forces iraniennes ont multiplié les frappes de missiles et de drones au Moyen-Orient depuis la rupture du cessez-le-feu avec les Etats-Unis, l’inquiétude croît quant à l’étendue des stocks de missiles intercepteurs de l’armée américaine. Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a balayé toute crainte concernant les réserves d’armes de Washington, et l’armée n’a pas dévoilé le nombre de ce type de missiles dont elle disposait. Interrogé à ce sujet lundi, Donald Trump a affirmé que les quantités de missiles disponibles étaient suffisantes, même s’il souhaitait en avoir plus. Le président américain en a profité pour accuser Joe Biden, affirmant que « beaucoup ont été donnés à l’Ukraine » par son prédécesseur pour se défendre contre les attaques aériennes russes.
Mais d’après les médias américains, le chef d’état-major des armées Dan Caine aurait exprimé son inquiétude concernant la diminution de ces stocks. Une analyse du Center for Strategic and International Studies (CSIS) publiée cette semaine a révélé que les réserves américaines de missiles avaient été fortement réduites depuis le début de la guerre en Iran.
Les Etats-Unis possédaient plus de 2.300 intercepteurs Patriot et 450 systèmes de défense THAAD, selon le centre de recherche américain, qui estime que ce stock a été au moins divisé de moitié depuis le début du conflit, il y a cinq mois. « Nous avons utilisé nos intercepteurs (…) qui sont évidemment nécessaires pour protéger les soldats américains », a reconnu le sénateur démocrate Chris Van Hollen dimanche sur ABC. Mais « nous en consommons chaque jour, alors que nous pourrions être confrontés à d’autres conflits », s’est-il également inquiété.
Les Etats-Unis poussent les fabricants d’armes à accélérer leur rythme de production, y compris pour les missiles intercepteurs. « Des usines sont en cours de construction. Beaucoup d’équipements sont en cours de fabrication, les Patriots en particulier », a affirmé en ce sens Donald Trump lundi.
Le ministère de la Défense a annoncé cette semaine la signature d’un contrat de 58,6 milliards de dollars sur sept ans avec Lockheed Martin pour la production de missiles Patriot, que l’entreprise s’est engagé à livrer « à une vitesse inégalée ». Mais malgré cela, le CSIS estime que les Etats-Unis pourraient faire face à une pénurie d’intercepteurs.
AFP


