L’homo-seneglensis est une espèce fascinante. Capable de commander un festin pour l’anniversaire de son fils, de tout consommer avec enthousiasme, puis de découvrir soudainement que le paiement est une option, comme le supplément mayonnaise. L’affaire qui amuse les réseaux sociaux serait presque drôle si elle ne racontait pas une maladie plus profonde : l’adoration nationale du raccourci.
Certains ne cherchent plus à gagner leur vie, mais à gagner sur la vie. Le travail des autres devient un buffet à volonté, l’effort une charge transférable. Pendant que des restauratrices, tailleurs, coiffeuses et vendeurs se battent pour développer leur activité, des virtuoses de la combine perfectionnent l’art de la facture impayée. Un talent certain, il faut le reconnaître.
Malheureusement orienté. Car le Sénégal ne manque pas d’imagination. Il déborde même de génies. Des stratèges du contournement, des ingénieurs du système D, des experts du risque calculé. Pourtant, aucun pays ne se développe grâce aux additions abandonnées. La ruse peut faire gagner un repas ; elle ne construit jamais un avenir.
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