Autrefois, les élèves du Cours préparatoire première année (Cp1) se contentaient du strict minimum à l’école : un demi-cahier, un syllabaire et une modique somme d’argent pour acheter de quoi grignoter à la récréation. Ils étaient d’ailleurs la cible de toutes les moqueries, aussi bien à l’école qu’à la maison.
Une chanson leur était même consacrée pour les chambrer : « Cp1, daggiti kaye, Silabeer, mayma dërëm ». Pourtant, ce maigre bagage ne les empêchait nullement d’apprendre les rudiments de la lecture et des mathématiques.
Aujourd’hui, en revanche, les sacs des élèves semblent parfois trop petits pour contenir la longue liste de fournitures scolaires prescrites, notamment dans certaines écoles privées. Les enfants ont-ils réellement besoin d’autant de livres et de cahiers pour acquérir les connaissances fondamentales ? Peut-être que l’école ne cherche plus seulement à former des cadres et des ingénieurs hautement qualifiés. Elle veut désormais produire des génies. Mais avant même d’atteindre cette étape, de nombreux parents, déjà courbés sous le poids des frais d’inscription, risquent de ployer définitivement sous celui des sacs scolaires.
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