L’histoire du monde est traversée par une série de massacres. Si certains sont connus et enseignés, d’autres ont été effacés de la mémoire collective. Sinon on a essayé de les enterrer. Mais, comme la vérité finit toujours par être connue, ces génocides ont été sus, révélant ainsi la bestialité de l’être humain que le Créateur a pourtant doté de bon sens. Les massacres à Dimbokro, Tulsa, en Namibie, au Congo, et ailleurs, sont de cette catégorie. Dimbokro le 30 janvier 1950 est l’une des principales répressions violentes contre des nationalistes ivoiriens cherchant à s’organiser contre le système colonial et exprimer des revendications politiques et sociales. Au point que le poète sénégalais, David Diop, ait dédié un poème à cette ignominie dans son recueil « Coups de pilon ». En Namibie, on a en mémoire le génocide perpétré sur les peuples Herero et Nama entre 1904 et 1908. Environ 80 % du peuple herero et 50 % du peuple nama vivant sur le territoire de l’actuelle Namibie (ancien Sud-Ouest africain allemand) ont été exterminés par les forces du Deuxième Reich (des Allemands), soit environ 65.000 Herero et 10.000 Nama. Leur seul tort ? Leur lutte contre les règles imposées par l’administration coloniale allemande ainsi qu’aux abus et maltraitances des colons. Un ordre d’extermination émis par le général Lothar von Trotha le 2 octobre 1904. Ils ont même poussé le bouchon, jusqu’à envoyer en Allemagne les crânes de victimes à des fins de recherches scientifiques raciales. (Cf. https://www.memorialdelashoah.org/archives-et-documentation/genocides-xx-siecle/genocide-herero-nama.html) Idem pour la boucherie de Tulsa, anciennement nommée émeute raciale de Tulsa. Un massacre de masse qui se déroula dans le quartier Greenwood à Tulsa dans l’Oklahoma entre le 30 mai et le 1er juin 1921. Une foule de Blancs s’est déchaînée contre le quartier de Greenwood — bâti par des Afro-américains pour des Afro-américains afin de fuir le racisme —, pillant, brûlant et tuant. Et tenez-vous bien, en deux jours, on parle d’au moins 300 morts, 10.000 sans-abris et le quartier détruit. Leur seul tort, une réussite sociale et professionnelle supérieure à leurs voisins blancs. Ne surnommait-on pas Tulsa le Black Wall Street pour ses richesses et sa prospérité ? Comble de tout, aucune condamnation dans les rangs des acteurs ni d’indemnisation des rescapés. Il a fallu attendre 70 ans, en 2001, pour voir un rapport officiel qui parle de massacre racial. (Cf. https://fr.wikipedia.org) La même année (1921), alors que l’esclavage était aboli, dans l’actuelle République du Congo, plus de 20.000 Africains — sur 127.250 dont seulement 15 % de volontaires appelés à la construction d’un train par des Français, le « Congo Océan », Brazzaville–Pointe-Noire, sur un linéaire de 512 km de voie ferrée traversant une nature très hostile — sont morts du travail forcé, de la faim, de la maladie. Objectif de l’État français représenté dans l’Aef par le gouverneur Raphaël Valentin Marius Antonetti ? Extraire le maximum de ressources pour enrichir sa bourgeoisie industrielle. Puissions-nous oublier de telles barbaries ? Aucunement. Pourtant, ils n’ont ni été inscrits dans les livres d’histoire ni enseignés, tombant dans l’oubli général. Sauf que les descendants des victimes et des gens honnêtes n’ont jamais accepté une telle forfaiture. Car, comme le dit le grand homme de culture, Babacar Mbaye Ndaack, « quand la mémoire se nourrit de violence, elle vomit la haine. Ceux que l’on blesse ne peuvent oublier. L’homme est ainsi fait ». Pourtant, en ce 21e siècle, la bêtise humaine persiste. Les massacres se poursuivent sous nos yeux, sans que l’on lève le plus petit doigt. Ce fut le cas au Rwanda, à Srebrecica en Bosnie-Herzégovine. C’est actuellement le cas en Rdc et à Gaza. La déshumanisation se poursuit comme si l’humain a perdu tout bon sens.
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