À Dakar, le lin se glisse dans les garde-robes, s’affiche dans les boutiques et se décline en chemises, pantalons, robes, ensembles. Une matière autrefois associée à une certaine élégance estivale devient peu à peu un véritable réflexe vestimentaire.
Il fait chaud et c’est une lapalissade de le dire. Il faut du léger, quelque chose qui nous apporte du frais et le lin est LA solution tout trouvé. Naturel et léger, il est particulièrement adapté aux climats chauds et humides, car il laisse davantage circuler l’air et sèche rapidement. Nos entrepreneurs l’ont bien compris et surfent sur la vague proposant plusieurs déclinaisons sur les réseaux sociaux.
Mais si le lin séduit, ce n’est pas uniquement parce qu’il permet de survivre avec élégance à une après-midi dakaroise.Il y a surtout cette allure particulière qu’il donne. Un pantalon en lin, une chemise légèrement ample, une robe fluide ou un ensemble monochrome : le résultat est rarement spectaculaire au sens classique du terme. Il est plutôt chic sans effort : du casual chic. Le lin froissé, justement, raconte quelque chose.
Il refuse la rigidité, accepte les plis et donne à celui ou celle qui le porte cette nonchalance maîtrisée.Mais derrière cette apparente modernité, le lin n’a pourtant rien d’une nouveauté. Cette fibre avait déjà traversé les siècles, les civilisations et les continents. Et pour comprendre pourquoi il revient aujourd’hui sur le devant de la scène, il faut remonter le fil… jusqu’à l’Antiquité.
Fibre qui défie le temps
Bien que le lin cultivé (Linum usitatissimum) ne soit pas originaire d’Afrique, mais plutôt du Croissant fertile et d’Eurasie, l’histoire de ce textile est profondément ancrée dans le patrimoine du continent africain.
Plus de 5 000 ans avant notre ère, l’Égypte antique a adopté cette plante pour en faire le pilier de son industrie textile. Les Égyptiens le cultivaient le long du Nil, exploitant la finesse de ses fibres pour confectionner des vêtements blancs et légers adaptés au climat, mais aussi des bandelettes sacrées indispensables au processus de momification.
Parallèlement, la culture et le tissage du lin se sont propagés dans toute l’Afrique du Nord et les régions sahariennes. Bien que la plante y ait été initialement introduite depuis le Moyen-Orient, les artisans locaux ont rapidement développé un savoir-faire unique, faisant du lin un élément central du commerce et de la vie quotidienne de la région pendant des millénaires.
Aujourd’hui, chez les femmes, il se fait robe, combinaison, pantalon large, chemise oversize ou petit haut. Il peut être porté avec des sandales pour une allure décontractée ou associé à des accessoires plus sophistiqués pour composer une silhouette beaucoup plus habillée.
Chez les hommes, il se porte volontiers en chemise, pantalon ou ensemble. Le fameux ensemble en lin à l’allure saharienne, par exemple, s’inscrit parfaitement dans cette recherche d’un vêtement à la fois élégant, pratique et adapté au climat.
Arame NDIAYE


