Il y a quelques semaines, la dénonciation, par un parent d’élève, de l’enseignement du concept d’homoparentalité (couple de même sexe ayant à charge un enfant) à son fils, a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. Cette polémique a imposé la réaction immédiate des autorités de tutelle pour apporter des précisions sur cette affaire. En 2009, neuf personnes accusées d’homosexualité avaient été arrêtés à Mbao, dans la banlieue dakaroise, pour avoir célébré un mariage gay. Dans un pays à majorité musulmane, l’homosexualité reste une question taboue et la majorité des Sénégalais, comme la plupart des Africains d’ailleurs, la considèrent comme une « déviance » importée d’Occident. Dans la nuit du 24 au 25 décembre 2015, onze hommes soupçonnés d’avoir participé à un mariage gay avaient été interpellés par la police de Kaolack dans l’enceinte du lycée Ibrahima Diouf, lors d’une soirée. Dès le lendemain, l’affaire avait fait scandale dans la capitale du bassin arachidier, où des rassemblements s’étaient improvisés, résolument hostiles aux onze suspects. Au terme de leur garde à vue, ces derniers avaient été déférés au Parquet régional avant d’être libérés. Aujourd’hui, le débat refait surface de manière inattendue, impliquant des célébrités influentes et respectées. À l’annonce de l’information, l’incrédulité dominait face au rang social de certains suspects. Pourtant, les faits sont là : la réalité s’est imposée avec évidence. Le Sénégal a toujours eu et continue de maintenir une position constante sur l’homosexualité. Les régimes successifs ont tous affiché une volonté ferme de combattre cette pratique, jugée en totale contradiction avec nos traditions et nos croyances.
Lors de sa rencontre avec l’ancien Président des États-Unis, Barack Obama, à Dakar, en juin 2013, l’ex-chef de l’État sénégalais, Macky Sall, s’était fermement opposé à la dépénalisation ou à la légalisation de l’homosexualité au Sénégal. Il avait défendu le droit de son pays à maintenir ses propres lois et valeurs culturelles, affirmant que le Sénégal n’était pas prêt à changer sa législation.
De leur côté, les nouvelles autorités, alors dans l’opposition, avaient promis de criminaliser ce délit par un durcissement législatif…
L’opposition à l’homosexualité est souvent liée au refus de voir des comportements privés devenir des revendications publiques, ce qui est perçu comme une agression contre le « Sutura » (pudeur). De la même manière, les textes sacrés des traditions monothéistes condamnent sévèrement l’homosexualité. Mise sur le même plan que l’inceste et l’infidélité, elle fut très violemment réprimée, et l’est toujours d’ailleurs. Toutefois, nous ne devons pas perdre de vue que la criminalisation ne signifie pas l’arrêt automatique de cette pratique. Si le durcissement des sanctions vise à freiner l’ampleur du phénomène, l’efficacité de la répression seule reste encore un défi. L’exemple de la loi « Abdoul Latif Guèye » contre le trafic de drogue en est la preuve. Malgré des résultats notables et des saisies hebdomadaires impressionnantes – comme l’illustre la saisie de plus d’une tonne de cocaïne en 2025 -, le phénomène persiste.
Ainsi, si la criminalisation constitue un pas décisif, elle doit impérativement s’accompagner d’une sensibilisation accrue sur les méfaits sanitaires de ces pratiques, en ciblant particulièrement l’éducation de base. Les enfants, couche vulnérable de la société, sont de plus en plus exposés à ces influences. Les risques sanitaires sont réels : sur les douze personnes récemment arrêtées, huit sont porteuses du Vih/Sida.
En conséquence, cette problématique ne doit plus être traitée comme un sujet tabou ou stigmatisant. Si le respect de la liberté d’autrui est un principe, celle-ci ne doit, en aucun cas, nuire à l’ordre public ni aux bonnes mœurs. Chaque acteur social doit agir avec responsabilité, en pensant à ces milliers d’enfants qui voient en ces stars médiatiques des modèles de réussite. Si certains citoyens sont aujourd’hui meurtris par ces troublantes révélations, l’avenir de notre équilibre social dépendra de notre capacité à prévenir plutôt qu’à simplement punir.
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