Pour la plupart des Sénégalais, la Journée du 10 août est encore passée inaperçue. Pourtant, cette date coïncide avec la Journée africaine de la décentralisation et du développement local que l’ensemble des États devraient célébrer, d’après la Charte africaine des valeurs et des principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local, adoptée le 27 juin 2014. « Les États parties commémorent la journée africaine de la décentralisation et du développement local le 10 août de chaque année pour promouvoir les valeurs et les principes de la présente charte », lit-on dans l’article 20. Au Sénégal, il faut le dire, cette journée n’a pas eu l’écho souhaité et l’engagement pris au niveau de l’instance panafricaine n’a guère été honoré. Les organisations faîtières que ce soit l’Association des maires du Sénégal, l’Association des présidents de conseil départemental ou encore l’Association des secrétaires municipaux n’ont organisé aucune activité. Seule l’Association des conseillers municipaux du Sénégal (Acms) s’est rappelé cette importante journée, en faisant une contribution écrite sur sa page Facebook. « L’Acms s’associe à cette journée qui rappelle l’importance de la décentralisation dans la construction de territoires capables de répondre aux besoins de leurs populations », lit-on dans le texte. Plus loin, les 26 000 conseillers municipaux du Sénégal rappellent qu’ils vivent chaque jour les réalités de leurs territoires. C’est pourquoi ils invitent l’ensemble des acteurs à célébrer cette journée dans les communes et départements à travers les échanges entre élus, délégués de quartier, citoyens, services techniques et autres acteurs locaux. Cette contribution marque une volonté des conseillers municipaux de contribuer à faire du 10 août une journée d’échange, de discussion sur les défis majeurs auxquels nos territoires sont confrontés. Il s’y ajoute que l’Union africaine incite l’ensemble des États à mettre en place un système « transparent et impartial » pour primer l’excellence, la créativité et l’innovation en ce qui concerne la décentralisation, la gouvernance locale et le développement local. Depuis quelques années, l’organisation du Prix d’excellence du leadership local (Pell), une initiative de Enda Ecopop encourage les collectivités territoriales, les chercheurs et universitaires ainsi que les journalistes communicants à proposer des réalisations sur des domaines relatifs à notre décentralisation. L’attribution de ces prix crée souvent une saine émulation entre les mairies et autres acteurs de la décentralisation. Cette organisation cherche toujours à donner corps à cette volonté de l’Union africaine. Mais il faut reconnaître que les acteurs à la base sont très peu portés dans les célébrations. Au niveau institutionnel, l’ancien chef de l’État du Sénégal, Macky Sall, avait décrété la journée du 10 octobre comme étant la Journée nationale de la décentralisation. Depuis lors, seules deux éditions ont été célébrées, à savoir celle du 10 octobre 2019 et l’édition du 11 décembre 2022. L’absence de régularité donne un sacré coup à cette fête de la décentralisation.
Aujourd’hui, que ce soit la journée nationale ou celle africaine de la décentralisation, il nous appartient de marquer ces dates dans notre agenda. Car ces célébrations nous permettent d’échanger certes sur l’état de notre décentralisation, mais également de mieux appréhender les problèmes de nos territoires afin d’y apporter les solutions idoines.
maguette.ndong@lesoleil.sn


