Les exemples sont légion. On pense aux images d’Hiroshima et de Nagasaki, plus de 200.000 morts lors de la Seconde Guerre mondiale. Deux villes japonaises rayées de la carte avec ses sols irradiés et ses générations entières exposées à des maladies chroniques.
Mais ces explosions nucléaires ont transformé des territoires entiers en zones hostiles à toute forme de vie. C’est l’illustration la plus extrême d’un principe que l’on oublie trop souvent : la guerre est une machine à détruire l’environnement. La guerre est une agression planétaire. Chaque attaque laisse derrière elle une traînée de pollution, de sols stériles et d’écosystèmes brisés. Pendant que les puissants s’affrontent pour le pétrole, les routes commerciales et l’influence géopolitique, la planète paie cash. Et ce prix-là, personne ne l’annule.Aujourd’hui, le Moyen-Orient connaît de nouvelles hostilités.
Les frappes massives et les ripostes régulières détruisent les infrastructures électriques, les systèmes de traitement de l’eau, les cultures et les habitats naturels, libérant des polluants chimiques et radioactifs qui s’étendent bien au-delà des zones de combat. Que la décision d’attaquer l’Iran ne surprenne personne : les politiques climato-sceptiques ignorent volontairement les conséquences environnementales. Les États-Unis, sous Donald Trump, se sont retirés de l’Accord de Paris, envoyant un signal clair que le réchauffement climatique leur importe peu. Pendant ce temps, les pays africains, responsables de moins de 5 % des émissions mondiales, subissent les effets cumulatifs des conflits et du dérèglement climatique.
Les conflits armés détruisent aussi les moyens de vivre des communautés locales. Des millions de personnes sont forcées de fuir leurs terres, créant des déplacements massifs. Là où ces populations se réfugient, la pression sur les ressources naturelles explose : forêts coupées pour le bois de feu, sols surexploités pour survivre, points d’eau contaminés par des camps improvisés sans assainissement. C’est une spirale infernale où guerre, changement climatique, désertification et migrations forcées s’alimentent mutuellement.
Et que dire des armes elles‑mêmes ? Les explosifs laissent des résidus toxiques qui contaminent les sols pendant des décennies, certaines zones deviennent impropres à l’agriculture ou à la vie animale. Les pipelines et les installations énergétiques, lorsqu’ils sont ciblés ou sabotés, répandent des hydrocarbures dans les nappes phréatiques et les cours d’eau, tuant la vie aquatique et rendant l’eau potable inutilisable. Le changement climatique, lui, ne cesse de s’accélérer. Chaque guerre génère des émissions massives de gaz à effet de serre. La forêt brûlée, l’infrastructure pétrolière attaquée ou encore la fuite industrielle libèrent du CO2 et des polluants qui aggravent la crise climatique mondiale. Et pendant ce temps, certains dirigeants font semblant de débattre des chiffres au lieu d’agir.
La guerre est une attaque contre la Terre. Tant que les États et leurs alliés continueront de considérer l’environnement comme une variable d’ajustement dans leurs jeux de pouvoir, la planète et ses habitants continueront de payer le prix fort. La paix et l’écologie ne peuvent être dissociées ; on ne protège pas l’un en détruisant l’autre. Les guerres détruisent notre habitat, notre climat et notre avenir. Et tant que cela restera impuni, les générations futures hériteront d’un monde amputé, pollué et instable.
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