Au terme d’une soirée mémorable, le Sénégal a été, de nouveau, sacré champion d’Afrique, bien que cette victoire ait été ternie par des incidents tragiques en tribunes.
Selon les informations relayées par la presse, une bagarre a éclaté, entraînant l’arrestation de 18 supporters sénégalais et, plus grave encore, le décès d’un ressortissant du pays. La victime serait mortellement poignardée par des supporters marocains alors qu’elle célébrait le triomphe de son équipe.
À travers un communiqué, la Direction générale de la sûreté nationale (Dgsn) du Maroc a démenti, hier, cette information. Toutefois, elle a soutenu avoir découvert un « corps sans vie d’une personne non identifiée, originaire d’Afrique subsaharienne à Salé », au nord de Rabat. Sa nationalité n’est pas précisée.
Certes. Tout de même, rien ne doit entamer les relations historiques et séculaires qui lient les deux peuples.
Des milliers de Sénégalais résident au Maroc où ils exercent leurs activités professionnelles avec dignité, tandis qu’une dynamique similaire s’observe pour les ressortissants marocains vivant au Sénégal. Cette cohabitation a favorisé l’émergence de nombreuses familles mixtes sénégalo-marocaines, renforçant les liens sociaux entre les deux pays.
Sur le plan religieux, les liens entre le Sénégal et le Maroc sont profondément ancrés dans la tradition de la Tidjannya. Le fondateur de cette confrérie, Cheikh Ahmed Tidiane Chérif, qui était d’origine algérienne, repose à Fez, au Maroc. Cette confrérie bénéficie d’une influence majeure au Sénégal, où elle compte de très nombreux adeptes.
Chaque année, des centaines de cohortes de fidèles se rendent à Fez pour accomplir leur ziarra (pèlerinage) au mausolée du saint homme, contribuant ainsi de manière significative à l’essor du tourisme religieux entre les deux pays.
L’implication de la monarchie témoigne également de cette proximité spirituelle. Lors de grands événements religieux tels que le Gamou de Tivaouane ou de Médina Baye, la ziarra omarienne ou encore le Magal de Touba, le roi Mohammed VI dépêche systématiquement une forte délégation pour le représenter.
Enfin, un monument emblématique symbolise cette fraternité : la Grande mosquée de Dakar, édifiée sous l’impulsion du roi Hassan II et inaugurée le 27 mars 1964.
Sur le plan économique, des entreprises et banques marocaines tirent leur épingle du jeu dans l’économie sénégalaise, notamment dans les secteurs des Télécommunications, de l’immobilier, du transport, etc. La rue Mohamed V constitue également un trait d’union commercial entre ces deux pays.
Sur le plan sanitaire, la Faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) assure la formation de nombreux médecins marocains. Cette collaboration académique constitue un pilier majeur des échanges entre les deux pays dans le domaine de la santé.
Cela démontre l’exceptionnelle solidité et la profondeur des liens qui unissent ces deux peuples. Cette parenthèse malencontreuse ne saurait compromettre la qualité des rapports entre nos deux nations. Elle doit être promptement dépassée pour préserver nos relations cordiales.
Le football, à l’instar de tout sport de compétition, attire les foules. Nous devons œuvrer pour que cette compétition devienne des moments d’unité, guidée par le fair-play.
Forts de la richesse et de la diversité de notre continent, il est essentiel de cultiver l’amour, le respect et la tolérance, afin de ne laisser personne nous diviser.
Quand la violence s’invite dans les gradins et sur les terrains, l’Afrique et sa jeunesse en pâtissent, et particulièrement le football, au détriment des valeurs de fraternité, d’amitié, de respect et de tolérance.
D’autant plus que le sport, notamment le football, est censé davantage nous rapprocher et non nous diviser.
Conformément à la vision des précurseurs du panafricanisme, notre continent ne sera développé que dans l’unité et dans le respect de sa diversité.
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