Évacué au cours d’un dîner de l’Association des correspondants de presse à la Maison-Blanche, à Washington, suite à des tirs survenus dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 avril, Donald Trump, sans doute choqué par l’incident, avait ironisé sur son métier. Il était même allé jusqu’à affirmer, devant les journalistes, après l’interpellation du suspect, Cole Tomas Allen, porteur d’un fusil de chasse, que si on lui avait averti de la dangerosité de la fonction de chef d’État, il ne se serait peut-être pas présenté. Surprenant si l’on sait que ce n’était pas la première fois que le locataire de la Maison-Blanche était pris pour cible. Entre juin 2016 et avril 2026, soit en dix ans, il avait échappé à cinq tentative d’assassinat. Mais si être président est un métier aussi dangereux, qu’est-ce qui pourrait bien faire courir tous ces gens qui rêvent de pouvoir ? Chez nous en Afrique, au Sénégal particulièrement, où la politique est devenue un véritable métier ! On ne vit que par et pour. Tout le monde se bat pour être politicien, devenir chef de parti, avoir une base et pouvoir, plus tard, participer à des élections, locales, présidentielles. Certains, à force d’entendre parler de milliards, de voir des gens, hier dans l’anonymat le plus complet, courant derrière le diable pour lui tirer la queue, et aujourd’hui roulant dans de rutilantes bagnoles, créchant dans de majestueuses villas, vivant dans un confort douillet, ont plongé pour tenter une reconversion politique. On ne fait plus de la politique par vocation, mais on le considère comme un métier lucratif qui permet d’acquérir richesse et prestige. Et le constat aujourd’hui, est que crée un parti qui veut. Un militant qui n’est pas ou plus en phase avec sa formation politique peut se lever un beau matin et en créer. Ces nouveaux partis expriment plus des frustrations personnelles qu’une orientation idéologique différente. Et le hic, c’est que nombre de ces partis ne pèsent pas plus lourd qu’une plume, sans compter que leur espérance de vie est rarement supérieure à celle de ses fondateurs et souffrent pour collecter des voix et peser dans l’échiquier politique.Aujourd’hui, la situation est telle que tout le monde veut être président et ce n’est certainement pas les déclarations du président américain qui les détournerait de leurs ambitions présidentielles ; quand bien même nombre d’entre eux sont certains qu’ils ne peuvent même pas gagner dans leur maison, leur quartier, leur ville, donc conscients qu’ils ne seront pas ou jamais élus.
Que doivent aussi penser les voleurs après cette sortie du 47e président des États-Unis ; eux qui, croyait-on, faisaient le métier le plus dangereux. Cette profession ne nécessite aucun diplôme ou des études dans une université ou institution spécialisée. Sa pratique procure parfois des revenus conséquents, mais comporte des risques, qui exposent en permanence ceux qui s’y adonnent. Ces délinquants n’ont plus peur de rien et commettent, à leurs risques et périls, des actes violents, surtout quand ils rencontrent de la résistance. Si certains parviennent à tirer leur épingle du jeu, la chance ne sourit pas à tous. Les malchanceux se heurtent à la justice populaire. N’est pas Robin des bois, Billy the Kid ou Arsène Lupin qui veut. Assez souvent, ces voleurs, professionnels ou amateurs, sont lynchés, battus à mort par des foules en colère. Un phénomène qui s’explique par l’insécurité et le manque de confiance de la population en la justice, la police. Certaines personnes qui ont le sentiment que ces voleurs ne sont pas assez sévèrement punis préfèrent de loin cette justice populaire qu’elles trouvent très dissuasive. Beaucoup de nombreux malfrats ont abandonné leurs activités illicites en raison de ces réactions inattendues des populations.
Aujourd’hui, le vol est devenu un véritable problème national. Le sport favori des voleurs qui ne veulent point travailler, mais qui veulent profiter de ceux qui travaillent, n’est que de dépouiller les honnêtes citoyens de leurs biens. Et avec la Tabaski qui pointe le bout de son nez, ils ne vont assurément pas chômer. Ils seront dans les starting-blocks pour ruiner encore l’espoir de beaucoup de pères (et mères) de familles qui mangent de la vache enragée et thésaurisent pour pouvoir se payer un pauvre bélier et le nécessaire pour permettre à leur famille de passer la fête dans d’excellentes conditions. Ils devront cependant s’attendre à une belle riposte. Quand on choisit un métier dangereux, et tous les métiers comportent des risques, il faut s’attendre à tout.
samba.oumar.fall@lesoleil.sn

