Demain, samedi 07 février, correspond au quarantième anniversaire du rappel à Dieu de Cheikh Anta Diop. Celui qu’il est convenu d’appeler le pharaon noir a été un défenseur décomplexé de la cause noire. Incontestablement, c’est une des figures intellectuelles africaines les plus marquantes du siècle dernier.
L’homme né à Thieytou le 29 décembre 1923, dans la région de Diourbel où il repose pour l’éternité, est à la fois historien, anthropologue, linguiste, archéologue, biologiste, physicien et homme politique. Son œuvre majeure, Nations nègres et culture, marque une rupture méthodologique et idéologique.
Au fait, Cheikh Anta Diop a profondément bouleversé les sciences humaines en réhabilitant la place de l’Afrique dans l’histoire universelle. Il soutient que l’Égypte pharaonique était une civilisation négro-africaine et que l’Afrique noire, contrairement à ce que l’on croit, est à l’origine de nombreuses avancées scientifiques, culturelles et politiques.
Il estime également que la renaissance africaine passe par la réappropriation de l’histoire, la valorisation des langues africaines et la construction d’États fédérés capables de garantir l’indépendance politique et économique du continent.
Il est vrai que le pèlerinage de Thieytou est, maintenant, institutionnalisé pour permettre aux héritiers de Cheikh Anta de s’incliner sur la mémoire du savant, mais ce dernier mérite mieux et plus. Pour avoir dédié sa vie à défendre son pays, son continent et sa race, Cheikh Anta mérite d’être panthéonisé.
Tout comme Cheikh Anta Diop, le Sénégal regorge de personnalités qui ont fait résonner le nom du pays et de l’Afrique dans les quatre coins du monde. C’est le cas de Léopold Sédar Senghor, le premier président de la République, ainsi que tous ce qui lui ont succédé à la magistrature suprême. Il s’agit d’Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, Macky Sall et présentement Bassirou Diomaye Faye.
Bien avant eux, du Walo au Wouli, du Tékrour au Gabou, en passant par le Sine, le Saloum, le Kassa, le Cayor, le Djolof, le Diéguème, le Baol, le Balantacounda, le Fouladou, le Fouta, le Fogni, le Ndiambour, le Ngalam, le Gana, le Mali, le Niani, ou encore le Songhaï, d’illustres fils de ce pays ont marqué de leur empreinte notre histoire commune.
La cause du Sénégal en particulier et de l’Afrique en général a vaillamment été défendu, d’une façon ou d’une autre, par des hommes des arts, des lettres et des sports. De dignes fils dont les noms et les faits ne doivent pas être rangés aux oubliettes mais plutôt narrés, voire enseignés aux générations d’aujourd’hui et celles qui viennent.
Ils ont servi leur pays et réussi à inscrire leur nom dans les annales de l’histoire. Notre histoire. Ça peut leur servir de repères. C’est d’autant plus important que les valeurs semblent être en crise.
Valoriser les mausolées de nos héros, à défaut de les regrouper dans un panthéon unique, ne peut qu’enrichir le récit national, consolider le narratif et renforcer notre identité et notre sentiment d’appartenance commune mais aussi d’appropriation de notre devise : un peuple, un but, une foi.
Ailleurs, des pays ont honoré leurs héros en les immortalisant. C’est le cas de la France avec le Panthéon où reposent, pour l’éternité, les hommes qui ont fait l’hexagone ; de la Cité interdite en République populaire de Chine, un pays qui a construit un mausolée pour le héros national Mao Tsé-toung ; de la Corée du Sud avec le Palais Gyeongbokgung pour célébrer la dynastie Joseon ; du Burkina avec le mémorial Thomas Sankara, etc.
Aux États Unis, pays par excellence où la construction du récit national est très soignée, on retrouve plusieurs sites mémoriels comme le National Mall and Monument Park s’étendant du capitole au Potomac où les visiteurs trouvent plus de 80 structures historiques et 150 parcs.
Ici, on peut contempler, entre autres, le mont Rushmore dans le Dakota du Sud où les figures des présidents américains George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln sont majestueusement creusées dans la roche ; une sculpture du militant pour les droits civiques Martin Luther King Jr., le Washington Monument, l’emblématique Lincoln Memorial, etc.
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