Au dixième jour de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, le prix du baril de pétrole a connu une flambée historique, dépassant même les 118 dollars. Les conséquences allaient être graves sur l’économie mondiale, eu égard à l’importance des produits dérivés du pétrole. Mais dans le marché du pétrole, tout peut aller dans un sens comme dans un autre. Par exemple, il a fallu que le président américain Donald Trump fasse une sortie plus rassurante lundi, affirmant que « la guerre avec l’Iran allait se terminer bientôt » pour que les cours recommencent à chuter. Les cours du pétrole qui avaient grimpé de manière vertigineuse, ont chuté d’environ 10 %. Alors pourquoi ce jeu de yoyo ?Comment une simple déclaration peut-elle avoir autant d’impacts sur un marché aussi stratégique ?
La première raison est que le pétrole est très important pour l’économie mondiale. Il sert à faire fonctionner les voitures, les avions, les bateaux et de nombreuses usines. Quand une crise menace la production ou le transport du pétrole, les marchés s’inquiètent d’un manque de pétrole. Cette peur peut suffire à faire monter les prix. Pour Malick Dramé, spécialiste des questions pétrolières, les ramifications peuvent même impacter des pays situés à mille lieues de la crise. Par exemple, confie-t-il, même si le Sénégal n’est pas directement impliqué dans le conflit, des perturbations massives au Moyen-Orient auraient des impacts considérables sur la dynamique d’exportation du pétrole sénégalais. Car, avance-t-il, si l’approvisionnement du Moyen-Orient est sévèrement perturbé, le marché mondial chercherait désespérément des sources alternatives. « Les acheteurs seraient prêts à payer un prix bien plus élevé pour s’assurer des volumes, faisant flamber les revenus d’exportation du Sénégal par baril vendu », souligne-t-il.
En effet, les zones par lesquelles passe le pétrole sont aussi très stratégiques. C’est le cas du détroit d’Ormuz, un passage maritime très important pour le transport du pétrole. À lui seul, il fait transiter près de 20 % de la production mondiale. Ce qui en fait le plus grand axe de transit. Si une crise fait craindre un blocage du détroit, les prix du pétrole peuvent rapidement augmenter. Les sanctions économiques peuvent également jouer un rôle. Lorsqu’un pays producteur de pétrole est sanctionné, il peut avoir plus de difficultés à vendre son pétrole sur le marché international. Cela réduit l’offre disponible. Par exemple, après la guerre en Ukraine, plusieurs pays occidentaux ont pris des mesures contre la Russie, un grand producteur de pétrole. Cette situation a contribué à créer des tensions sur le marché. Pour des pays comme le Sénégal qui, malgré la production d’hydrocarbures, continuent d’importer d’importantes quantités. Une hausse des prix des produits pétroliers, adossée à un système de subventions énergétiques important, entraînerait une augmentation très marquée de la facture des subventions à l’énergie.
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