Franchement, quand j’ai vu passer l’information au début, j’ai ricané. Je me suis dit : « C’est encore un fake news de bas étage pour faire le buzz. » Pour moi, c’était juste l’œuvre de supporters frustrés n’arrivant pas à digérer la défaite du Maroc. Mais là, quand j’ai vu mes collègues s’indigner de la décision de la Confédération africaine de football (Caf), j’ai dû vérifier dix fois pour y croire… L’impossible est arrivé. La Caf a osé. De l’incrédulité, je suis passé à un rire nerveux. Le ridicule ne tue plus. Mais que la Caf sache que malgré tous les complots de couloir, le Sénégal a gagné sur le terrain. On a vibré, on a pleuré de joie partout dans le pays et ailleurs ; nos Lions ont montré ce que c’était que d’avoir des tripes et de l’honneur. Ce trophée, on l’a fêté dans chaque rue de Dakar avec une ferveur que personne ne pourra jamais nous voler.
Pendant ce temps, le vainqueur désigné par la bureaucratie de la Caf, ne pourra pas gouter à cette joie ineffable ; l’équipe marocaine ne paradera pas avec un trophée acquis par de basses manœuvres de coulisses. Quelle tristesse ! Une victoire sur tapis vert ? La honte absolue. La Caf doit se sentir bien petite dans ses petits souliers. Et les Marocains ! Comment peuvent-ils se regarder dans une glace ? On nous parlait de « peuples frères », d’amitié historique… Mais où est le fair-play ? Les autorités du royaume chérifien auraient dû refuser ce cadeau empoisonné. Gagner comme ça, c’est pire que de perdre. C’est une victoire au goût de fiel. Le Sénégal reste le champion de cœur, celui qui a fait trembler les filets. Cette comédie qui n’est pas à son épilogue me renvoie à mon enfance. Quand le propriétaire du ballon perdait le match, il boudait, reprenait sa balle et rentrait chez lui pour casser le jeu. Voilà le niveau. C’est puéril, c’est mesquin, c’est minable. Au final, cette décision grotesque ne fait que rendre le sacre du Sénégal encore plus légendaire. Le monde entier a vu qui a gagné. Le reste, c’est de la politique de caniveau. Sénégal Champion, hier, aujourd’hui et pour l’histoire.
Mamadou GUEYE


