L’attente est enfin terminée. Ce samedi 13 décembre 2025, Pape Thiaw a dévoilé la liste des « Lions » pour la Can 2025. Dès lors, c’est tout un peuple qui a senti des fourmis dans les jambes, le cœur battant à l’unisson, impatient de voir ses « Lions » rugir à nouveau. L’heure n’est plus à la patience, mais à l’espérance. Et avec ce sélectionneur, qui a su imprimer sa patte aussi vite qu’un fauve marque son territoire, que le rêve peut prendre corps au Maroc.
Vingt-huit Lions. Vingt-huit crinières au vent. Mais un seul écusson, celui du Sénégal, et une seule mission gravée dans les âmes : « Mankoo wuti wate ndamli ». Pape Thiaw, chef de troupe et stratège, a tranché. Il a choisi ses hommes pour une aventure aussi exaltante que périlleuse, car si l’ambition est claire –gagner, comme l’a rappelé le ministre des Sports, Khady Diène Gaye– la route vers le sommet ne se gravira pas d’un simple claquement de doigts. La concurrence est féroce : le Maroc, pays hôte et demi-finaliste du dernier Mondial, la Côte d’Ivoire, championne en titre, l’Algérie revancharde, sans oublier la Rd Congo, qui nous a donné bien des sueurs froides lors des éliminatoires de la Coupe du monde. Le groupe façonné par Pape Thiaw est un savant dosage entre la sagesse des anciens et la fougue des nouveaux. Les piliers de l’ère glorieuse (Mendy, Koulibaly, Gana Guèye, Sadio Mané, Ismaïla Sarr…) côtoient une nouvelle vague de talents affamés (Iliman Ndiaye, Lamine Camara, Mamadou Sarr, Ibrahim Mbaye, Assane Diao…). Une alchimie pensée pour durer, un pont jeté entre l’héritage et l’avenir.
Et comme souvent, la tête de proue de cette sélection s’appelle Sadio Mané. Numéro 10 sur le dos, il incarne l’âme de cette équipe : talent, détermination, courage et abnégation. Meilleur buteur de l’histoire des « Lions » (50 buts), deuxième joueur le plus capé (117 sélections) derrière Gana Guèye (121), il est aussi le joueur sénégalais le plus capé en phase finale de Can, avec 22 matchs disputés, à égalité avec Gana. À cela s’ajoutent neuf buts inscrits en Coupe d’Afrique, faisant de lui le meilleur scoreur sénégalais dans cette compétition. À lui seul, Sadio Mané est une page vivante de l’histoire du football sénégalais. L’histoire récente parle pour le Sénégal. Lors de ses Can les plus abouties (2002, 2019, 2021), un même fil conducteur apparaît : une solidité défensive à toute épreuve. En 2002, un seul but encaissé en demi-finale face au Nigeria. En 2019, deux buts concédés, tous face à l’Algérie. En 2021, encore deux buts seulement lors du parcours vers le sacre. Autant de chiffres qui invitent à la réflexion.
Pape Thiaw est réputé pour son football porté vers l’avant, audacieux et chatoyant. Et s’il peut libérer ses attaquants, c’est parce qu’il s’appuie sur une arrière-garde capable de contenir les plus redoutables assauts. De Kalidou Koulibaly à Moussa Niakhaté en passant par le jeune et prometteur Mamadou Sarr, la défense sénégalaise fait l’envie du continent. Depuis octobre 2024, l’équipe n’a encaissé que six buts. Une base solide pour viser haut.
L’attaque, elle, flamboie. En 14 matchs disputés sous l’ère Pape Thiaw, les « Lions » ont inscrit 36 buts. Le sélectionneur affiche un bilan impressionnant : 11 victoires, deux nuls et une seule défaite, concédée, en novembre, face au Brésil. Des chiffres qui nourrissent les ambitions et renforcent la confiance.
Ce groupe ne manque ni de talent ni de caractère, mais sa force pourrait aussi se nourrir des larmes. Celles de Lamine Camara, effondré sur la pelouse après l’élimination face à la Côte d’Ivoire lors de la Can 2023. Étincelant pour sa première grande aventure avec les Lions, le jeune milieu n’avait pu retenir son chagrin. Ces larmes rappellent celles d’un certain Sadio Mané après l’élimination contre le Cameroun à la Can 2017. De cette douleur est née une revanche : finale en 2019, sacre en 2021.
À Lamine Camara et à tout le groupe désormais de s’imprégner de cet orgueil indispensable aux champions, de transformer les cicatrices en force et les regrets en conquête.
Derrière eux, il y a tout un peuple uni, épaules contre épaules, prêt à vibrer pour cette Can qui s’ouvre le 21 décembre au Maroc. En attendant le retour triomphant, la parade et la communion avec la Nation, un seul mot d’ordre résonne dans les cœurs sénégalais : « Mankoo wuti wate ndamli ».

